Veolia-Suez : Les salariés craignent une « casse sociale »

Soutenue par Bercy, l'OPA hostile de la multinationale de l'eau et des déchets sur son principal concurrent inquiète.

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Le projet d’OPA hostile de Veolia sur Suez « fait sens », estime le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. La multinationale de la gestion de l’eau et des déchets, qui tente d’avaler son principal concurrent français, donnerait naissance à un « champion mondial », se félicite le ministre. Le projet inquiète pourtant les salariés, les usagers ainsi que le directeur général de Suez, Bertrand Camus, qui le juge « funeste » mais n’a en réalité que très peu de moyens de lui faire barrage. La fusion, si elle aboutit, commencerait par la vente de la branche eau de Suez à un fonds d’investissement nommé Meridiam, pour répondre aux lois antitrust.

« Cette opération acte le bradage de ce secteur à des opérateurs financiers hors sol exclusivement motivés par la sécurité et le taux des profits attendus par les actionnaires des fonds de pension », dénonce la Coordination Eau. La crainte, pour les usagers, est de voir grimper le prix de l’eau alors que Veolia plaide déjà, par l’intermédiaire de son directeur France, Frédéric Van Heems, pour une augmentation des tarifs de 40 %, rapporte l’association. Le patron du fonds Meridiam, Thierry Déau, écarte officiellement cette hypothèse, mais il aborde l’avenir avec gourmandise : le rachat de la branche eau de Suez « est une opportunité, car l’eau est peut-être la ressource la plus importante quand on parle de changement climatique », lâche-t-il dans un entretien au Parisien (6 septembre). Quant à la branche déchets, elle devrait rester dans le giron de Veolia, plaçant le groupe en position hégémonique face aux collectivités locales, qui négocient déjà les délégations de service public dans un face-à-face déséquilibré.

« Une casse sociale » est surtout à prévoir, s’inquiètent les syndicats de Suez, qui compte 30 000 salariés en France (90 000 dans le monde), à commencer par les « fonctions supports » en cas de fusion des deux entreprises. Les syndicats de Suez appelaient les salariés à une grève de deux heures, le 8 septembre, pour marquer leur « détermination à lutter » contre le projet.


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