Des outils contre l’extrême droite

Un collectif a lancé ce 12 octobre un Observatoire national de l’extrême droite.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Un collectif de militants et d’élus politiques, d’universitaires, de syndicalistes et de journalistes a lancé ce 12 octobre un Observatoire national de l’extrême droite (Oned). Présidé par Thomas Portes, un syndicaliste et militant communiste à l’initiative de sa création, il est dirigé par un conseil d’administration d’une vingtaine de membres dont Joséphine Delpeyrat (Génération·s), sa secrétaire générale, Caroline Fiat (LFI), sa trésorière, ou Marine Tondelier, élue d’opposition (EELV) à Hénin-Beaumont. Car l’Oned souhaite également décliner son travail en observatoires régionaux de l’extrême droite « pour être au plus près des territoires et coller aux réalités quotidiennes de l’exercice du pouvoir par ses représentants élus ».

L’Oned se fixe pour objectif de « mettre sous surveillance l’extrême droite dans toutes ses composantes ». Il ambitionne pour cela, « dans le prolongement de nombreux travaux préexistants », de « faire un travail précis et scientifique de recueil de données », de « dresser la cartographie de son implantation, d’identifier ses réseaux et modes de financements », d’« évaluer [son] impact sur les politiques publiques lorsqu’elle est au pouvoir », mais aussi – c’est plus novateur – de « proposer des boîtes à outils, des argumentaires et des formations pour déconstruire [ses] idées », « organiser la riposte sur les réseaux sociaux pour démonter les mensonges et opérations de désinformation », et être en capacité « en période électorale […] de démontrer auprès des électeurs et électrices les incohérences entre discours et programmes ».

Depuis les disparitions, au début des années 2000, de Ras l’front, organisation en réseau créée en 1990 à la suite de « l’appel des 250 » que Politis avait porté à sa Une, et du Comité national de vigilance contre l’extrême droite, constitué à l’initiative des partis de gauche (PS, PCF, PRS, MDC, Verts) en 1996, aucune structure pluraliste ne s’était donné pour but d’observer, décrypter et déconstruire l’extrême droite et ses idées. C’est peu dire donc que l’Oned comble un manque.

Alors que l’extrême droite dans toute sa diversité gagne du terrain élection après élection et répand son idéologie dans des sphères toujours plus larges de l’opinion publique, jusqu’au gouvernement – la semaine dernière, Gérald Darmanin a accusé La France insoumise d’être liée à « l’islamo-gauchisme », reprenant un qualificatif insultant popularisé par Marine Le Pen et largement repris par la droite –, la démarche de l’Oned est utile et nécessaire. Raison pour laquelle Politis a décidé de la soutenir, tout comme nos confrères de Regards, L’Humanité, Mediapart, Bastamag, Le Monde moderne et Contretemps.

>> Page Facebook de l'Oned


Haut de page

Voir aussi

Depuis 2018, on « revient à l’école de l’ordre, plus verticale »

Société accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.