Pauvreté : La méprise qui cache mal le mépris

Contrairement aux annonces gouvernementales, les aides exceptionnelles ne concerneront pas « tous les jeunes ».

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Emmanuel Macron ne s’est pas encombré de trop de détails, le 14 octobre, au moment d’annoncer une aide ponctuelle de 150 euros, plus 100 euros par enfant, à « tous les jeunes bénéficiaires du RSA et des APL ». Une manière de toucher « tous les jeunes » qui n’ont pas le droit au RSA, assure le président. Sauf que les allocataires des APL n’auront que la prime liée aux enfants, et qu’ils sont peu nombreux à en avoir.

Malheureuse méprise ou sérieux mépris ? En tentant de se racheter, trois jours plus tard dans Le JDD_, le Premier ministre, Jean Castex, sombre à nouveau, benoîtement. « Les jeunes aux APL » toucheront 150 euros, clame-t-il. Sauf que la nouvelle annonce ne concerne pas les 1,3 million de jeunes allocataires des APL, mais uniquement les 400 000 non-étudiant·es ; pour les autres, seuls les boursiers y auront droit. « Une formulation un peu rapide », s’excuse illico le gouvernement, qui reconnaît « une imprécision du périmètre ». « C’est régulier lors des annonces autour des aides sociales. Elles sont en général expédiées en dix secondes. Et, à la fin, personne ne sait clairement à quoi il a droit », déplore dans _Ouest-France Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé-Pierre. Sur le fond, cette aide ponctuelle a été accueillie sèchement par les associations de lutte contre la pauvreté, qui s’inquiètent d’une explosion des besoins. Elles n’ont de cesse de réclamer un RSA permettant réellement de vivre (revalorisé à 837 euros, soit le seuil de pauvreté), inconditionnel et ouvert à tous, avant 25 ans.


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