Arménie : L’adieu au Haut-Karabakh
Dans le district de Karvachar, c’est l’amertume. La population arménienne récupère tout ce qu’elle peut avant que la région ne repasse aux mains de l’Azerbaïdjan, après sa victoire militaire.
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© Alex McBride/AFP
En quelques jours, le Karvachar (en arménien, Kelbajar en azéri) est redevenu un territoire d’exode. Comme le prévoit l’accord de cessez-le-feu total signé le 9 novembre entre le -Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et le président azéri, Ilham Aliyev, l’Azerbaïdjan va reprendre le contrôle de ces montagnes, contrôlées et colonisées depuis trente ans par les Arméniens. C’était prévu pour le 15 novembre, mais Bakou a accepté, à la dernière minute, de repousser de dix jours l’échéance afin de laisser le temps aux habitants de tout évacuer.
Il s’agissait d’« éviter le pire », a justifié la présidence arménienne. Impact immédiat pour les habitants : ils doivent céder la place au vainqueur dans les portions perdues de la république autoproclamée d’Artsakh (Haut-Karabakh) ainsi que dans les districts « tampons » qui reliaient ce territoire enclavé en Azerbaïdjan depuis la victoire arménienne de 1994. Parmi ces derniers, le Karvachar, une zone montagneuse hostile et