Il ne faut pas que la fiction dépasse trop la réalité

L’auteur imagine un virus mortel et un Grand Président qui règne par le mensonge.

Je suis plutôt amateur de science-fiction dystopique – de ces bouquins, tu sais, qui racontent, comme autant de cris d’alarme, des mondes imaginaires cauchemardesques, ployés le plus souvent sous le joug de l’autoritarisme : je trouve que leur lecture a du moins le mérite de nous divertir du si doux lissé de l’époque. Mais il arrive parfois que certain·es auteurs et autrices forcent trop sur l’horreur de ces univers inventés et que leurs tristes récits inspirent une telle épouvante qu’ils en perdent toute vraisemblance.

L’autre jour, par exemple, j’ai commencé un livre dont le début narre l’élection, dans un pays raisonnablement démocratique, d’un arriviste – le « Grand Président » (GP) – qui règne, sitôt qu’élu, par le mensonge élevé au rang de moyen de gouvernement, et par une constante répression de toute contestation. Et qui se révèle donc être un despote en devenir.

Ce début est plutôt réussi : tout le truc a bien sûr un petit air de succédané de 1984, mais reste globalement crédible – sauf, peut-être, quand le tyranneau soutient, après avoir distribué des centaines de milliards de jeanmichelblanquos (1) à ses client·es et mandant·es, qu’il n’est « pas le Grand Président des riches ».

Mais, après, ça se gâte.

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