David Bobée : « Les œuvres sont moins importantes que les vivants qui les font »

Dès le premier confinement, le metteur en scène David Bobée avait réagi en faveur des compagnies et des salariés. Il exprime ici sa vision de la situation après neuf mois de crise sanitaire.

Toutes les structures du théâtre public ont dû inventer leur sauvetage et leur nouvelle relation avec le public. David Bobée, qui dirige le Centre dramatique national de -Normandie-Rouen, fait des spectacles hors normes et se situe à la pointe du combat contre l’intolérance et le racisme. Il nous dit comment, avec son équipe, il traverse la crise causée par le Covid-19.

Comment avez-vous réagi aux obligations du premier confinement, en mars ?

David Bobée : Nous sommes tous entrés dans un monde totalement inconnu. Avant même l’annonce du confinement par le président de la République, j’ai tout de suite pris des dispositions du type télétravail et assuré le personnel et toutes les compagnies invitées qu’elles seraient payées malgré les annulations. J’ai refusé le chômage partiel. Notre financement est assuré par des contributions publiques qui n’ont pas fluctué avec la crise. Le CDN que je dirige, un établissement public de coopération culturelle, ne va pas recourir par deux fois à de l’argent public. Cela ne me semblait évidemment pas moral. La prolongation des indemnités chômage pour les intermittents, l’« année blanche », c’est bien. Mais personne ne vit bien au chômage, les artistes doivent travailler et obtenir un salaire. J’ai donc maintenu un habituel volume d’embauches, privilégié l’emploi. Assurer le salaire des artistes est essentiel durant cette période. Nous faisons de l’art vivant : les œuvres sont moins importantes que les vivants qui les font. Il faut que les artistes et les techniciens survivent à cette période ; les spectacles annulés, ils sauront les recréer ou en faire de nouveaux. Il nous aura fallu faire particulièrement attention aux personnes, protéger leur santé physique, certes, mais aussi financière et psychique.

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