Que vive la Commune !

La Commune. Un héritage d’égalité et de fraternité.

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La Commune occupe une place à part dans la mémoire nationale. À droite, elle est le plus souvent ignorée (qu’est-ce que 72 jours dans la grande fresque de la France éternelle ?), mais surtout détestée car fille de la chute de l’Empire. Plus encore, c’est la Commune qui réhabilite la République, son triptyque révolutionnaire, et politise comme jamais jusque-là la question sociale. Les Rouges, déjà, voilà l’ennemi. À gauche, sa mémoire a connu deux écueils. Grande perdante magnifique, pleurant son peuple martyr, elle nourrit longtemps un romantisme d’insurgé qui ne permet pas la critique sur la part des communards – leurs divisions notamment – dans leur propre défaite. La Semaine sanglante a empêché ce débat interne à la gauche. De leur côté, Marx, dans La Guerre civile en France, puis Lénine, dans L’État et la Révolution, en feront la preuve éclatante de la nécessité de la dictature du prolétariat, dont l’ordre politique ne saurait se confondre avec celui de l’État bourgeois ; on sait ce qu’il adviendra de la question du suffrage universel, pourtant au coeur du Printemps des peuples de 1848 et de l’expérience communarde, dans le communisme soviétique.

Question d’interprétation aussi : mouvement patriotique… ou expérimentation de l’internationale ouvrière ? Il faut bien reconnaître que la Commune constitue, dans la France contemporaine, un point d’ancrage très fort du ressentiment contre l’Allemagne. C’est cette défaite contre l’ennemi prussien tout autant que le tribut économique et social terrible qu’il fallut payer que n’accepta à aucun prix le peuple de Paris, femmes et hommes des ateliers, des petits commerces et de l’administration.

Quel héritage ? La Commune ne lègue aucun texte de loi à la République, mais ses effets différés sont durables : les républicains et les socialistes d’après s’en inspirent pour toutes les grandes réformes de la IIIe République, fondatrices de notre démocratie actuelle, de l’instruction au droit du travail en passant par la laïcité. Pour la gauche, décimée, orpheline de ses fusillé·es, hantée par ses bagnards, se reconstruire après cette nouvelle défaite humiliante est une tâche d’autant plus ardue que la Commune engendre de nombreux partis. Ce sont ses héritiers notamment que Jaurès, qui n’avait que 11 ans en 1871, réussira à réunifier, avec ténacité et courage, jusqu’à ce qu’il se fracasse à son tour sur la double question… sociale et allemande.

La Commune n’est pas morte ; toujours évocatrice et stimulante quand il s’agit, en 2021 encore, d’égalité sociale et de fraternité humaine, de la lutte des gens de peu face à des puissances financières et militaires, du pot de terre contre le pot de fer. Certes, on invoque ses héros anonymes, peuple de Paris, et sa grande figure tutélaire, l’immense Louise Michel. Mais parce que le fétichisme n’est pas la meilleure façon de penser un moment révolutionnaire, nous avons demandé à de belles plumes de défricher ce qu’il reste encore à en connaître et à en comprendre.

Consultez le sommaire du hors-série anniversaire : La Commune. Une histoire en commun.

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