L’IVG, toujours un parcours de combattantes
Cinquante ans après la publication du « Manifeste des 343 », qui fut un pas essentiel vers la légalisation de l’avortement, ce droit demeure fragile en France.
dans l’hebdo N° 1647 Acheter ce numéro

© Alain Pitton/NurPhoto/AFP
Depuis sa légalisation en 1975, le droit à l’avortement s’est enrichi de lois pour faciliter sa mise en œuvre. En 2001, la loi Aubry supprime l’autorisation parentale pour les mineures ; en 2016, l’Assemblée nationale vote une mesure supprimant le délai de réflexion de sept jours. Seulement, « à force de penser que “tout va bien”, on assiste à des reculs nets dans ce domaine », dénonçaient, en 2012 déjà, 45 associations féministes dans Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ! (Les Liens qui libèrent). Un manifeste qui examinait les fausses évidences. « C’est plus simple d’avoir un rendez-vous pour un avortement que pour un opticien aujourd’hui en France », juge ainsi -Adélaïde Pouchol, porte-parole de la « Marche pour la vie ». En réalité, l’accès à l’IVG n’est pas « extrêmement simple », au contraire.
« C’est vraiment un parcours de la combattante de faire une IVG en France en 2021 », insiste Fabienne El-Khoury, porte-parole d’Osez le féminisme. Dans certains territoires confrontés aux déserts médicaux, l’accès y est limité. Une inégalité amplifiée par la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement. La fermeture de 8 % des centres pratiquant l’IVG en dix ans n’a pas aidé. « Les hôpitaux les ferment en premier lieu car il s’agit d’un acte médical peu valorisé ou peu rentable, qui tient parfois seulement à une poignée de professionnels de santé