Tout simplement triste

La cérémonie des Césars fut laborieuse et politique, avec quelques satisfactions.

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Au moins, quelque chose ne change pas avec les Césars, bien que cette édition 2021 promît d’être un nouveau départ avec une autre équipe et des règles modifiées : la nullité de la cérémonie. À l’Olympia, devant un parterre clairsemé, protocole sanitaire oblige, Marina Foïs a eu beau faire, la soirée s’est étirée, laborieuse comme un jour sans cinéma. On a bien tenté de décrocher des rires, comme avec le sketch entre Nathalie Baye et la maîtresse de cérémonie sur le fait que la première était une « mère de », répété lourdement. Tenir plus de trois heures avec le même humour scatologico-égrillard, signé Blanche Gardin et Laurent Lafitte, les auteurs des textes, était une gageure. Épater le bourgeois avec des pets en tenue de soirée est une idée recuite. Très vite, on a senti le trop-plein.

L’autre tonalité de la soirée a été politique. Comme pour montrer que le discours d’Aïssa Maïga de l’an dernier, réclamant plus de diversité, avait été entendu, les premiers prix décernés l’ont été à Fathia Youssouf (meilleur espoir féminin dans Mignonnes) et Jean-Pascal Zadi (meilleur espoir masculin dans Tout simplement Noir, qu’il a coréalisé avec John Wax). Celui-ci, à la tribune, a notamment cité Adama Traoré et Michel Zecler ainsi que Frantz Fanon.

Au long de cette triste soirée, la seule dont ce fut la fête se tenait non dans la salle mais à l’abri dans les coulisses (tout un symbole) : Roselyne Bachelot. Son nom n’a cessé d’être cité pour dénoncer son inaction ou les mesures prises par le gouvernement dont elle fait partie, comme la loi assurance-chômage (par Jeanne Balibar) ou la loi « sécurité globale » (par la documentariste Yolande Zauberman). Des représentants de la CGT Spectacle, Denis Gravouil et Salomé Gadafi, ont eu droit à une belle prise de parole. Et Corinne Masiero s’est dénudée pour incarner la situation des intermittents, ce qui a assuré le spectacle.

Au rang des satisfactions : les Césars décernés à notre ami Aurel (Josep), à Sébastien Lifshitz (Adolescentes), à Laure Calamy (Antoinette dans les Cévennes), et au très classieux Sami Bouajila (Un fils). La pluie de prix récompensant le nanar d’Albert Dupontel, Adieu les cons, a fait d’autant plus regretter tous les films qui n’ont pu sortir en 2020. Quant aux résultats d’audience, ils doivent ravir Canal+ : la cérémonie des Césars, arrivée cinquième, a même été battue par un documentaire, diffusé sur France 3, sur le regretté Mike Brant…


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