Aux origines des contre-révolutions néolibérales

Dans un essai passionnant, quatre auteurs racontent comment, à partir des années 1930, les règles économiques furent mises au service des dominants. Quitte à pactiser avec des dictatures.

Ce livre magistral est l’histoire d’une défaite. De notre défaite. Nous, les travailleurs, ouvriers, cadres, employés… Tous ceux qui n’appartiennent pas à l’élite capitaliste mondialisée. Les quatre auteurs de cet essai extrêmement clair et efficace reprennent la genèse du projet néolibéral à partir des années 1930, en soulignant combien ses concepteurs ont toujours pensé en termes de stratégie pour faire gagner leurs idées (pourtant néfastes au plus grand nombre).

Tout commence après la crise de 1929. Les libéraux néoclassiques, héritiers de David Ricardo ou d’Adam Smith, ne juraient alors que par le « laisser-faire », ne voyant dans l’État qu’un bâton dans la roue d’un marché souhaité par eux, avec sa fameuse « main invisible », totalement libre. À l’évidence, après des crises récurrentes (comme Marx l’avait prévu), et plus encore après le fameux « jeudi noir » de 1929, le système capitaliste hérité de la révolution industrielle du XIXe siècle ne fonctionnait plus, ou mal. Pis, les organisations collectives de travailleurs avaient peu à peu arraché de plus en plus de droits et de conquêtes sociales, des caisses de retraite aux congés payés, des protections contre les accidents du travail jusqu’aux droits syndicaux. Des mesures certes « insupportables » pour les néoclassiques, mais dont ils avaient dû finalement s’accommoder, ou les subir.

Pourtant, la lutte des classes n’étant pas forclose, notamment du côté patronal, les dominants ne s’avouèrent pas vaincus. Tout en continuant de rêver à un marché concurrentiel « libre », une partie d’entre eux, telle une avant-garde des classes dirigeantes, décida de changer radicalement de logiciel.

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