Les communautés asiatiques contre le virus du racisme

Face à l’augmentation en France des actes malveillants envers les « Chinois » depuis le début de la pandémie, un nouveau militantisme s’exprime sous l’impulsion des jeunes générations.

En pénétrant dans une -maisonnette située au bord du canal de l’Ourcq (Paris), une demi-douzaine de jeunes femmes asiatiques prêtent une oreille attentive aux confessions d’une autre qui jaillissent des enceintes. «J’ai longtemps détesté l’apparence que j’avais. Je détestais mes yeux à tel point que je voulais faire de la chirurgie esthétique », raconte la voix placide. Au Pavillon des canaux, une pièce aux cloisons colorées les accueille pour une session d’écoute du podcast « Asiattitudes », au cours duquel des femmes se livrent sur leur rapport à leur corps. Pour tenter de redéfinir «la vision des femmes issues des minorités de genre asiatique, en dehors des normes patriarcales et des stéréotypes véhiculés à leur encontre », précise la productrice du podcast, Mélanie Hong, âgée de 32 ans.

Many Yem, 36 ans, note que seules « des femmes reliées culturellement ou par filiation à l’Asie » se sont présentées à cet événement pourtant ouvert à toutes et tous. Une non-mixité certes involontaire qui leur a permis de s’exprimer plus librement, « sans devoir nous justifier de nos différences ethniques ou culturelles », précise-t-elle, et où « les personnes partagent les mêmes vécus que moi », dit une autre. 

Lancé en septembre 2020, le podcast « Asiattitudes » a pour objectif d’amplifier la représentation des Asiatiques de France. «La seule que j’avais, c’était celle de ma famille », confie Eliane Hong, 28 ans, entre deux écoutes. Ce podcast est le fruit d’une rencontre entre Mélanie Hong et la créatrice de la page Instagram @sororasie, suivie par des milliers de personnes. Un réseau d’entraide asioféministe qui, selon la sociologue Simeng Wang, chargée de recherche au CNRS, « milite pour une approche intersectionnelle, décoloniale et solidaire de l’antiracisme ». L’autre but d’« Asiattitudes » : lutter contre les clichés et le racisme envers les Asiatiques.

32,8 % des sondés déclaraient avoir subi au moins un acte discriminatoire depuis janvier 2020 en France.

Le Covid-19 a exacerbé ce phénomène. Banalisées par l’humour (« Ni Hao », «Chintok »), ces discriminations latentes ont suscité un regain d’intérêt public avec la crise sanitaire. En particulier à la veille des deux premiers confinements, quand des appels à la haine et des insultes à l’égard des Chinois, jugés à tort responsables de la propagation du virus, ont proliféré sur la Toile.

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