[PODCAST] Luttes sociales, comment construire des victoires ?

Qu'est-ce qui rend les luttes victorieuses et/ou inspirantes? Réunies à Nantes, à l’occasion de l’université d’été des mouvements sociaux, les rédactions de Basta!, Radio Parleur et Politis explorent le sujet avec leurs invitées.

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Après deux ans de mobilisation, dont huit mois de grève, une vingtaine de femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, à Paris, ont obtenu des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail. Parmi les ingrédients de leur victoire : la caisse de grève, alimentée par des solidarités multiples et le savoir faire syndical de la CGT. Mais aussi les moments intenses – et parfois difficiles – passés ensemble. Au fil du temps et des adversités, les liens se resserrent et l’envie de gagner se renforce. « J’ai des très bons souvenirs qui nous ont fait tenir et qui nous amenés à des victoires réelles et objectives mais aussi à nos petites victoires personnelles intimes dont on ne parle pas forcément, raconte Christelle H., gilet jaune à Saint-Nazaire. J’ai vu des copines prendre confiance en elles, développer des projets professionnels, oser prendre des virages dans leurs vies. »

Rarement racontée, cette complexité des luttes – faites de hauts et de bas – devrait être transmise plus souvent, pense la militante et journaliste Juliette Rousseau : « souvent, on a l’impression que transmettre quelque chose d’inspirant, c’est faire de la propagande, c’est raconter des histoires de victoires homogènes, binaires. On laisse de côté que c’est beaucoup plus complexe que ça. On aurait intérêt à transmettre ces histoires pour ce qu’elles sont ; et cesser de raconter des histoires de victoires uniformes ou très personnifiées. »

Il est d’autant plus important d’avoir des luttes joyeuses que le climat social, judiciaire et policier est particulièrement lourd. Lois répressives, violences policières, justice arbitraire : ceux et celles qui se mobilisent sont confrontées à des obstacles sans cesse plus nombreux. À cela s’ajoute la pandémie de coronavirus et l’état d’urgence sanitaire qui restreignent les accès à l’espace public et les possibilités de se réunir. « La féministe argentine Véronica Gago dit qu’une des clés des luttes féministe d’Amérique latine, c’est la réappropriation de la grève mais aussi les assemblées où, dit-elle, il y a la rencontre des corps. Ce sont des espaces où on est dans le faire, dans le dire, on est dans l’ajustement, dans les nuances. Et justement c’est ça qui nous manque peut-être », suggère Youlie Yamamoto, militante à Attac.

Avec : Christelle H. gilet jaune au sein du groupe de Saint-Nazaire, membre des Amajaunes ; Juliette Rousseau, militante et journaliste, autrice de Lutter ensemble, pour de nouvelles complicités politiques (Editions Cambourakis) et Youlie Yamamoto, militante à Attac, animatrice du collectif féministe Les Rosies.

Production : Martin Bodrero, Tristan Golbronn, Erwan Manac’h, Nolwenn Weiler

Animation : Tristan Goldbronn et Nolwenn Weiler

Réalisation : Adel Ittel El Madani

À lire aussi > le reportage des journalistes de Politisà l'université des mouvements sociaux à Nantes.

À écouter chaque semaine : l’émission « Penser les luttes » de Radio Parleur


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