La famille Fassbinder

Julie Deliquet adapte la série télévisée réalisée par le cinéaste allemand en 1972, Huit heures ne font pas un jour. Avec son esprit de troupe, elle fait honneur à la joie et à l’utopie de cette œuvre unique.

Les grandes histoires d’amour et les sagas familiales sont pour Julie Deliquet des terreaux fertiles pour faire du théâtre « In Vitro », nom de son collectif fondé en 2009. Cette année-là, elle monte Derniers Remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce, maître des foyers déchirés et des passions qui finissent mal. Avec la troupe de comédiens qu’elle met alors en place, la metteuse en scène dit l’éclatement des cellules sociales traditionnelles et la création de nouvelles manières d’être ensemble et de penser l’avenir. Dans son triptyque Des années 70 à nos jours, elle poursuit avec son groupe son travail fondé sur l’improvisation, ses expériences collectives basées sur un temps long de répétition. Ce qu’il faut pour que la « fécondation in vitro » qu’elle appelle de ses vœux puisse avoir lieu et se reproduire chaque soir.

Issue du cinéma, Julie Deliquet revient ensuite à ce premier amour en adaptant au théâtre des films qui lui permettent de faire vivre intensément son collectif : Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin, puis Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman, qu’elle crée à la Comédie-Française. Sa nomination en 2020 à la tête du Théâtre Gérard-Philipe (TGP) – Centre dramatique national de Saint-Denis (93) ne freine pas ses ardeurs théâtrales et cinématographiques. Pour l’ouverture de sa première saison effective au TGP, elle fait de son grand plateau le lieu de renaissance de Huit heures ne font pas un jour, série télévisée éponyme réalisée par Rainer Werner Fassbinder, dont cinq épisodes ont été réalisés (sur huit écrits) et diffusés de 1972 à 1973 à une heure de grande écoute.

Avec cette fresque ouvrière, Julie Deliquet place l’utopie au cœur de son théâtre – et la fête.

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