Bonne année quand même

Le doute n’est plus permis : la nouvelle année sera placée sous le signe de la morgue éhontée du règne Macron.

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C’est devenu un peu compliqué, depuis quelque temps, de rester complètement détendu·e au moment de souhaiter une bonne année à ses proches.

On peut bien sûr textoter comme à chaque fois ses meilleurs vœux à ses poteries (1) et parentèles – mais on s’expose alors au risque de recevoir des réponses un peu démotivantes, du style : pareil pour toi, et surtout la santé, mais te souvient-il que l’an dernier à pareille date nous nous écrivîmes les mêmes trucs, et que tout de suite après nous fûmes confiné·es ?
Et te souvient-il que six mois plus tard nous vîmes débouler ce mec tout dégueulasse qui s’est mis à vomir des immondices antisémites, négationnistes, racistes et sexistes en promettant qu’il allait make France great again ? Et te souvient-il que la seule réponse de la gauche à l’installation de cet écœurant salaud dans le paysage politique a été de déployer Christiane Taubira et ses consternants clips – et autres pensums – auxquels tu ne comprends strictement rien si tu n’as pas fait châtaignier massif première langue ?

Nonobstant : j’étais quand même parti, hier matin, pour vous souhaiter à tou·tes une excellente année 2022.
Je me disais : on est le 1er janvier, le numéro dans lequel sera publiée cette chronique paraîtra le jeudi 6 janvier, et ça serait quand même pas de chance que des nouvelles vraiment énervantes arrivent à se glisser dans ce minuscule intervalle.

Mais, trois minutes plus tard, nous avons appris qu’Agnès Buzyn – qui, au mois de janvier 2020, lorsqu’elle était encore ministre de la Santé d’Emmanuel Macron, avait, ès qualités, proclamé que « les risques de propagation » du coronavirus étaient « très faibles », et qui a ensuite été mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » au mois de septembre 2021 – venait d’être élevée au grade de chevalière de la Légion d’honneur « pour son action contre le covid » par son successeur au ministère de la Santé : l’excellent M. Véran.

Le doute, dès lors, n’était plus permis : la nouvelle année serait elle aussi placée sous le signe de la morgue éhontée qui depuis son début caractérise le règne de M. Macron. (En outre, et pour ne rien dire du moment où le variant upsilon atterrira à Orly 3, il est tout de même assez probable que nous allons prendre très cher à la présidentielle.)

En somme, nous devons probablement nous attendre à ce que l’an qui commence ne se classe pas immédiatement dans le tiercé de nos plus ravissants souvenirs.

Et pourtant il n’est pas moins certain que nous allons vivre, individuellement et collectivement, des moments de beauté, de bonheur, de grâce, de joie. Que c’est cela qui importe. Et que c’est cela que nous retiendrons quand les mauvais jours finiront.

Alors quand même, très bonne, très douce et très heureuse année à tou·tes – et s’il vous plaît : prenez soin de vous.

(1) Poterie, substantif féminin : ensemble des potes.


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