Reniement vaccinal

Le projet de loi qui transforme le passe sanitaire en passe vaccinal renie les engagements d’Emmanuel Macron. Il inquiète aussi parlementaires et juristes, jusqu’à la Défenseure des droits.

Il disait tenir « beaucoup à l’unité de la Nation », assurait que le « passe ne sera[it] jamais un droit d’accès qui différencie les Français » et ne « saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de vie de tous les jours comme les restaurants, les théâtres et cinémas ». C’était le 30 avril 2021 dans Le Parisien. Huit mois plus tard, dans les colonnes de ce même journal, Emmanuel Macron a « très envie de les emmerder », les non-vaccinés, « jusqu’au bout » car, faute d’injection, chacun d’entre eux deviendrait un « irresponsable », voire ne serait « plus un citoyen » tout court.

Des déclarations fracassantes qui, en plus de redonner de la vigueur aux manifestations anti-passe samedi 8 janvier, ont choqué les députés, déterminés à chahuter l’examen expressdu projet de loi à l’Assemblée pour dénoncer « l’immixtion du président de la République dans le débat parlementaire », comme le dénonce l’élu communiste Pierre Dharréville. Ils n’ont pas empêché l’adoption du texte en première lecture à 214 voix pour et 93 voix contre, malgré une majorité mal à l’aise devant les propos du Président. Les sénateurs étant bien décidés à prendre leur temps pour discuter du texte cette semaine, le passe sanitaire ne pourra pas être mis en œuvre à la date souhaitée, voire exigée, par l’exécutif du 15 janvier.

Cette sortie présidentielle en dit long sur la manière dont le chef de l’État a décidé de faire peser la responsabilité sur les individus eux-mêmes et non sur l’action politique qu’il mène depuis le début de la crise sanitaire.

Il reste 65% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 5€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.