Dossier : Bifurquer : ces jeunes qui sautent le pas

À Sciences po Rennes : La transition dans les gènes

Changer le système énergétique, protéger les générations futures, ancrer la concertation dans les territoires… Pionnier, le Campus des transitions, à Caen, prépare les étudiant·es aux mutations de l’époque.

Nous, élèves de la haute fonction publique, demandons à être formés à la transition écologique. » Cette tribune mi-implorante, mi-excédée, parue en juin 2021 dans le quotidien Le Monde, était signée par 138 élèves de onze écoles de la haute fonction publique qui « jamais encore ne s’étaient rassemblés pour demander une réforme en profondeur de la scolarité et des carrières offertes par la fonction publique. […] Afin que l’action publique puisse enfin être à la hauteur des exigences qu’imposent les crises environnementales […]. Alors même que nous sommes appelés à occuper des postes-clés pour atteindre les objectifs environnementaux de notre pays, nous sommes insuffisamment compétents et trop peu armés pour conduire la transition écologique sur le terrain ». Depuis quelques mois, ce type d’interpellation fleurit dans l’enseignement supérieur (lire pages 8 à 10 et 16).

En 2019, le Shift Project, cercle de réflexion sur le dérèglement climatique et la transition énergétique, publiait une enquête menée auprès de 34 formations supérieures (écoles d’ingénieurs, de commerce, de hauts fonctionnaires, universités) parmi les plus réputées de France. Constat affligeant : c’est le zéro pointé pour 76 % d’entre elles, dépourvues de cours abordant les enjeux climat et énergie. Pour 13 %, il s’agit d’options facultatives, et seulement 11 % proposent au moins un cours obligatoire sur ces sujets. C’est à ce dernier très médiocre niveau que se situe la moyenne des seules écoles formant les hauts fonctionnaires.

Nouvelles approches

Dans les dix instituts d’études politiques français (IEP, dits Sciences Po), il y a de quoi se sentir concerné : spécialisés dans le domaine des sciences humaines et sociales, ils sont parmi les voies royales d’accès à la haute fonction publique française. La petite antenne de Caen de Sciences Po Rennes, qui accueille près de 150 étudiant·es par an, est une singularité à elle seule. À sa création, en 2012, le site se baptise « Campus des transitions ». Il naît en réponse aux velléités de la région normande, terre de plusieurs centrales nucléaires (dont l’EPR de Flamanville) mais aussi de parcs éoliens en nombre grandissant, de sortir des énergies fossiles.

76 % des écoles les plus réputées sont dépourvues de cours sur les enjeux climat et énergie.

Si le campus lorgne fortement vers les pays nordiques, éclaireurs sur le chemin de la transition énergétique, il élargit rapidement son approche pour revendiquer d’« accompagner le territoire dans toutes ses trajectoires de transition », explique son directeur, Nicolas Escach. Énergie, alimentation, urbanisme, droit des générations futures, « nous ambitionnons de donner à nos étudiants un socle de savoir-faire sur des problématiques-clés de notre époque, loin de certains effets de mode actuels, visant des objectifs à 2030, voire 2050 ».

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