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Publié le 27 novembre 2009

Sur les nouveaux dirigeants de l'Europe,le PS ne pense rien!

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Le PS est muet sur les deux nouvelles têtes de l'Europe
C'est à peine croyable. Et pourtant il faut bien constater l'impensable. Sur les nouveaux dirigeants de l'Europe le PS est muet. Une semaine après la désignation 1 d'Herman Van Rompuy au poste de président (permanent) du Conseil européen, et de la Baronne Catherine Ashton of Upholland comme Haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères, le premier parti de gauche de France ne s'est toujours pas exprimé sur le choix de ces responsables.

En une semaine, le PS n'a produit aucun communiqué sur cet événement. On ne trouve trace d'aucune déclaration de sa Première secrétaire. Hier soir, Martine Aubry était l'invitée de «A vous de juger» sur France 2; il eut été normal qu'elle évoque le sujet. Or en près de 100 minutes d'émission, la patrone des socialistes n'a même pas évoqué le sujet. A sa décharge, Arlette Chabot, directrice de l'information de la chaîne publique jugeait plus indispensable de l'interroger sur les conditions de la qualification de l'équipe de France de foot pour le Mondial d'Afrique du Sud. N'empêche... Ceux qui attendaient que la fille de Jacques Delors disent ce qu'elle pense de la nouvelle répartition des postes à la tête de l'Europe en ont dû se résoudre à cette évidence: le PS n'en pense RIEN.

Trois réactions individuelles

Certes, en cherchant bien et en tendant l'oreille, on peut débusquer quelques réactions de socialistes. Sitôt connu le choix des Vingt-sept, Marie-Noëlle Lienemann a jugé le premier président de l'UE «inodore, incolore et sans saveur» . Mais l'ancienne ministre du Logement, qui a passé quelques années sur les bancs du Parlement européen avant d'en être écartée par la direction du PS, n'est pas représentative de l'orthodoxie solferinienne en matière européenne2.

Vendredi, François Hollande déplorait ces nominations, dans un billet publié sur son blog intitulé «Tout ça pour ça» , alors que «depuis une décennie, les Européens construisent avec peine un édifice institutionnel pour donner à l'Union une personnalité politique et une force diplomatique» . Pour l'ancien patron du PS «la montagne institutionnelle a accouché d'une souris politique» .

Dimanche, Pierre Moscovici, invité de Tribune BFM, s'est déclaré «très choqué par le choix de Madame Ashton» , une femme «totalement incompétente» , dénuée «d'expérience politique et diplomatique» 3. Quant au Belge Herman Van Rompuy, l'ancien ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin, «ne l'imagine pas une seconde égaler Barack Obama» ou faire «trembler» ni même «aller contrarier Nicolas Sarkozy et Angela Merkel» . Tout comme François Hollande, il «regrette profondément» , ces nominations qui sont «un rendez-vous manqué, un faux départ pour l'Europe» . Et conclut: «Le vin est tiré, on va le boire, il n'est
pas bon, c'est de la piquette de la droite européenne.»

Aucune analyse collective d'un parti lié au PSE

Mais il n'existe aucun communiqué du PS sur ces nominations , qui délivrerait une analyse un tant soit peu collective. L'occasion était pourtant donnée de tirer un premier bilan de l'application des dispositions institutionnelles du traité de Lisbonne que l'on nous vantait tant.

Au cours de la semaine, le PS a publié bien des communiqués sur les droits de l'enfant, pour apporter son soutien aux postiers ou aux personnels de l'éducation, réagir à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et des salariés de Pôle emploi, ou aux propos de François Fillon sur les gardes à vues, pour protester contre le transfert de monuments historiques de l'Etat aux collectivités territoriales, dénoncer le gel de la prime pour l'emploi ou le bilan de Sarkozy sur la sécurité, donner la position de son bureau national sur l'immigration et les sans-papiers, etc. Sur l'Europe? RIEN.

Il ne faut sans doute pas chercher bien loi la cause de ce silence. Car contrairement à ce que voudrait nous faire croire Moscovici, un multi-récidiviste, le mauvais vin tiré au Sommet de Bruxelles n'est pas une piquette de la seule droite européenne. Les socialistes européens y ont pris toute leur part. Et c'est à l'unanimité que les dirigeants socialistes européens, Gordon Brown inclus, ont décidé de proposer la candidature de la commissaire européenne britannique (et travailliste) Catherine Ashton au poste de Haut représentant de l'UE aux affaires étrangères [[Comme nous l'apprenait une dépêche AFP du 19 novembre publiée à 18h01:
«Les dirigeants socialistes européens, Gordon Brown inclus, ont décidé de proposer la candidature de la commissaire européenne britannique Catherine Ashton au poste de Haut représentant de l'UE aux affaires étrangères, a indiqué à l'AFP une source informée.

"Les huit chefs de gouvernements socialistes se sont réunis à Bruxelles et ont décidé à l'unanimité de soutenir Catherine Ashton au poste de Haut représentant", sorte de ministre des Affaires étrangères de l'UE, a souligné un participant à la réunion parlant sous couvert de l'anonymat.

Cela signifie, si cela est bien confirmé par le Premier ministre britannique Gordon Brown lui-même, que Londres abandonne la candidature de Tony Blair à l'autre poste européen en jeu, celui de président du Conseil européen.

"La décision a été prise à l'unanimité donc je pars du principe qu'elle est soutenue aussi par M. Brown", a dit la source.

Mme Ashton, membre du parti travailliste, est commissaire britannique au commerce.»
]], en échange de leur soutien au candidat choisi par la droite européenne pour occuper la présidence du Conseil.

Le silence du PS traduit peut-ête sa gêne d'appartenir au Parti des socialistes européens (PSE), il n'en est pas moins assourdissant.



  1. On ne peut pas parler d'élection pour des nominations qui s'apparentent à de la cooptation; ces désignations sont aussi démocratique que l'élection du pape de l'église catholique par le collège des cardinaux qui désigne en son sein celui qui les dirigera. 

  2. Son communiqué ironise sur cette désignation qualifiée de «conséquence des grandes avancées du Traité de Lisbonne» . «Plus que jamais, poursuit-elle, l'opacité des décisions, l'absence de contenu politique et de vision d'avenir des leaders européens a pris le pas sur la recherche d'une démocratie plus vivante, d'une proximité avec les citoyens et des propositions pourtant indispensables pour sortir de la crise.»  

  3. «Choisir un commissaire britannique pour être le premier ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne, c'est le symbole de l'otanisation de l'Europe et aucun président de la République autre que Nicolas Sarkozy n'aurait accepté ça» , dénonce-t-il encore. 


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