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Publié le 20 février 2011

«J'Ai Soutenu Denis Robert»

Illustration - «J'Ai Soutenu Denis Robert»

Edwy Plenel est ce mec, tu sais, qui vient, dix ans durant, de passer d'entiers bouts de son temps à verser du guano sur Denis Robert.

Dès le 26 février 2001: Le Monde , qu'il patronne alors avec son ami Jean-Marie et son ami Alain, flingue Révélation$ - le tout premier bouquin de Denis Robert sur Clearstream, coécrit avec Ernest Backes.

«Les auteurs ne semblent pas, à plusieurs reprises, avoir respecté les règles minimales de l'investigation journalistique» , déplore, du compassé ton où se voit qu'on est dans un journal de référence, une appliquée journaliste.

«Plutôt que d'aligner des faits vérifiés et indéniables, le livre procède principalement par allusion et juxtapositions» .

Assure-t-elle, du haut de sa chaire.

C'est faux - la cour de cassation dira dix ans plus tard «le sérieux de l'enquête» menée par Denis Robert - mais pourquoi se fatiguerait-elle à «consulter toute la documentation mise à disposition par les deux enquêteurs, documentation examinée par d'autres journalistes du Figaro , de La Tribune, des Inrockuptibles ou du Nouvel Observateur »* , quand elle est d'un canard qui prétend détenir le «“magistère” de l'investigation»* (à moustaches)?

D'autres papiers, non moins fielleux, vont suivre (dans lesquels Denis Robert est gentiment présenté comme «l'imprécateur de Clearstream» ), jusqu'au finale d'apothéose où le patron de Clearstream se voit proposer, le 24 décembre 2004, pour Noël, «un entretien au “Monde”» où il «dénonce une manipulation» .

Illustration - «J'Ai Soutenu Denis Robert»

La même année (2004, donc, ça serait bien que tu suives un peu), Edwy P. quitte Le Monde (Alain et Jean-Marie soudain ne sont plus ses amis) et replie sa prose en Belgique, patrie de Jean-Claude Van Damme, où le quotidien Le Soir le nantit d'une chronique.

Là, dans l'édition du 20 octobre 2006, le gars révèle au monde (qui n'en peut mais) «ce que cache l'affaire Clearstream» , qui a commencé, narre-t-il, «autour d'un livre qui prétendait apporter des révélations définitives - c'était son titre, Révélation$ - sur l'établissement financier luxembourgeois» .

Maître Plenel est formel: «Je professe qu'il n'y a pas d'affaire Clearstream» .

C'est clair, c'est net, c'est moustachu.

Puis d'ajouter: «Denis Robert et (son) éditeur (...) se trompent» .

Puis: «Leur démonstration ne tient pas la route» .

Puis: «Des vérifications élémentaires - je peux en témoigner - suffisent à l'infirmer» .

Or: «Ce qui ne se prouve pas n'existe pas, du moins dans le métier de journaliste, et ce qui ne se source pas, honnêtement, rigoureusement et contradictoirement, n'y existe pas non plus» .

Puis: «C'est un avertissement qu'il faut avoir toujours en tête dans une enquête (...) , sinon la conviction idéologique suffirait à dire le vrai et le réel - et nous savons, d'expérience, que cette croyance-là a toujours mis en péril l'idéal démocratique» .

En clair: non seulement Denis Robert est un mauvais journaliste, mais il menace la démocratie, comme dans une dissertation de Philippe Val1.

Est-ce tout?

Naaan: la même année (2006, donc), Plenel, auditionné par les juges qui instruisent l'affaire Clearstream, profite qu'il est dans leur bureau pour de nouveau lâcher de lourds tombereaux de méchancetés sur Denis Robert.

(Son audition est , tu devrais la lire: elle est riche d'enseignements.)

Illustration - «J'Ai Soutenu Denis Robert»

― Et finalement, Edwy, comment résumerais-tu ces dix années durant lesquelles t'as si régulièrement fait du Robert-trap, maintenant qu'on sait que son travail fut des plus sérieux?

― Oh, mais je dirais sans rire, mâme Dupont, que: [«J'ai soutenu Denis Robert»->http://www.dailymotion.com/video/xh18pq_clearstream-plenel-revient-sur-la-re
laxe-de-denis-robert_news]
.


  1. Pour bien mesurer la portée de cette admonestation, rappelons-nous qu'elle est faite par le même limier, de niveau 9 sur l'échelle de Plekszy-Gladz, à qui nous dûmes, en 1991, la révélation que Noriega, du Panama, finançait le Parti socialiste français. Un grand méchant scoop, mâme Durand, dont la seule menue faille fut qu'il était bidon: négligeant d' «aligner des faits vérifiés et indéniables» , Edwy s'était fondé, ce sont des choses qui arrivent, par un document dont chacun sut rapidement qu'il s'agissait d'un grossier faux - l'essentiel étant de pas se laisser brider par de si négligeables détails, quand on dispense autour de soi de soutenues leçons d'investigation. 


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