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Publié le 31 octobre 2013

Quand le roman des activités d'espionnage de la NSA sert à faire oublier les dangers du fichage français!

Le discours sur les "méchant"s américains, Chinois, Anglais, Russes, Luxembourgeois et même probablement belges qui espionnent les "gentils" Français, ne constitue qu’un roman moderne, on dit parait-il désormais un « story telling », qui n’a que pour fonction ou résultat de faire oublier à chaque citoyen de ce pays (et d’ailleurs) que le danger du fichage systématique concerne avant tout notre vie privée et notre quotidien et qu’ils émanent de tous les organismes français (ou autres) qui veulent tout savoir, tout contrôler. Que les Etats s’espionnent, avec plus ou moins d’efficacité, n’a rien de nouveau n i rien d’attentatoire à leurs existences et les médias font passer dans les esprits un frisson et une frayeur qui ne concernent pas ou guère chacun d’entre nous. Il fallait être bien naïf pour ne pas s'en douter.

Le danger, ce n’est pas la NSA, le FBI, le MI 5 où toutes les agences qui accumulent les informations en application des centaines de pages du Patriot Act dont la finalité serait de lutter contre le terrorisme, lequel est un prétexte de contrôle social permanent. Le danger ce sont les informations accumulées par les banques, les compagnies d’assurance, les officines privées, les bibliothèques, la RATP, la SNCF, la grande distribution, les entreprises de vente par Internet, la Sécurité sociale, les municipalités, la Police Nationale, la Gendarmerie, l’Education Nationale ou l’administration fiscale. Liste non exhaustive bien sur …

Tout ceux là accumulent des informations confidentielles qui permettent de mieux nous cerner, de mieux nous exploiter. De nous transformer en sujets dépendants, en délinquants potentiels. En nous effrayant avec le fichage de la NSA, les médias contribuent, par exemple, à nous faire oublier que le STIC (Système des Infractions Constatées) de la Police ou le FNAEG (Fichier National des Empreintes Génétiques) qui contiennent aujourd’hui plusieurs millions de fiches peuvent être utilisées contre chacun d’entre nous. En dépit des multiples erreurs ou approximations qu’ils contiennent.

Un exemple illustre ce fichage français à la fois dangereux et illégal. Il y a quelques jours, des passants de Montargis ont trouvé sur un trottoir, devant L’Agence du Crédit Agricole de la Place Jules Ferry, un carton contenant des fiches de paye, des avis d’imposition et des fiches confidentielles concernant les clients de cette banque. Laquelle se permettait de décrire et de stocker les habitudes et la vie privée de centaines d’habitants de la ville et du département. Un accumulation d’informations dont le recueil est formellement interdit par la loi de 1978 que la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) est supposée contrôler.

Il est là, le danger : dans les agissements incontrôlés de tous ces organismes, privés ou officiels, qui s’arrogent illégalement le pouvoir de mettre des citoyens en fiches, procédé qui permet ensuite, sans le moindre garde-fou, d’édicter des interdictions professionnelles ou d’établir des « profils » de "bons" ou "mauvais"clients. Le scandale n’est pas que ces informations se soient accidentellement retrouvées sur un trottoir, mais qu’elles aient été recueillies et archivées ensuite dans les mémoires de la banque. Comme sont conservés et utilisés les éléments recueillis par les grandes surfaces quand elles établissent leurs millions de « cartes de clientèles », par les compagnies d’assurance, les bibliothèques ou les entreprises de transport à même de pister les habitudes et déplacements quotidiens de leurs usagers à partir d’un pass Navigo, d’une carte d’accès à des cantines ou bien de paiements de parking. Sans oublier les détails de nos voyages en avion livrés chaque jour aux Américains…

Ce n’est pas la NSA qui contrôle nos vies mais tous ceux qui accumulent des informations de façon à nous asservir à leurs fantasmes sécuritaires ou publicitaires, ceux qui réclameront un jour que l’on introduisent dans notre corps les mêmes puces d’identification contre lesquelles protestent avec raison les éleveurs de moutons et de chèvres du Sud de la France.

Un fichage qui s’améliore, se perfectionne (pour notre plus grand bien !!! ), s’étend sur tout le territoire français et est appuyée par l’Union Européenne et tous les fanatiques de la sécurité.


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