« Lier activisme et travail intellectuel »
Jérôme Vidal, 36 ans, est le fondateur d’Éditions Amsterdam. Sa démarche se caractérise par un fonctionnement collégial, une vision internationale, un goût pour l’exigence théorique et le non-refus de la complexité.
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Pourquoi êtes-vous devenu éditeur et pourquoi Éditions Amsterdam ?
Jérôme Vidal : Mon point de départ fut le constat d'une coupure entre la vie intellectuelle et militante française et ce qui se pense et s'écrit ailleurs. À l'heure de la mondialisation et de l'altermondialisation, il me semblait particulièrement regrettable que ne soient pas traduits des théoriciens comme Paul Gilroy, Stuart Hall, Judith Butler, Eve Kosofski Sedgwick, Homi Bhabha, Dipesh Chakrabarty ou Slavoj Zizek, qui se sont attachés à reformuler les termes d'une politique démocratique radicale pour notre temps. Il s'agissait donc d'introduire en France les outils les plus intéressants pour penser les transformations du capitalisme, l'émergence de la question postcoloniale, le développement des luttes minoritaires... La traduction s'est donc évidemment retrouvée au coeur du projet d'Éditions Amsterdam, maison fondée en 2003. C'est aussi sur ce terrain, entre autres choses, que notre partenariat avec les revues Vacarme et Multitudes s'est fondé. Par ailleurs, sur un plan plus personnel, le métier d'éditeur me permet de continuer à lire et à écrire, de découvrir des auteurs et des livres, de lier activisme et travail intellectuel au sein de ma vie professionnelle, et d'avoir ainsi le sentiment de ne
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