« Il faut créer un impôt universel »

L’économiste Liêm Hoang-Ngoc, délégué national à l’économie du PS, propose de rendre l’impôt plus juste en rétablissant sa progressivité.
Un projet opposé à celui de la droite, qui entretient la spéculation.

Thierry Brun  • 8 février 2007 abonné·es
« Il faut créer un impôt universel »

Le débat sur la fiscalité est revenu au premier plan dans la campagne présidentielle. Les réformes libérales partent du présupposé que « trop d'impôt tue l'impôt ». Une autre réforme fiscale est-elle possible ?

Liêm Hoang-Ngoc : La fiscalité française est déjà injuste, en raison du faible poids de l'impôt sur le revenu, le seul impôt qui soit progressif mais qui ne rapporte que 16 % des recettes fiscales. Les néoconservateurs entendent rendre l'impôt encore plus injuste en faisant basculer la charge de financement de l'État sur les ménages après avoir recentré les dépenses publiques autour des dépenses régaliennes. Après avoir réduit la progressivité de l'impôt sur le revenu, ils proposent d'augmenter le poids de la TVA, qui représente déjà 51 % des recettes de l'État, de réduire de 13 points l'impôt sur les sociétés et d'abaisser le bouclier fiscal pour supprimer de fait l'impôt sur la fortune (ISF). Au nom de la récompense du travail, cette politique favorisera la reconstitution de la rente, au premier chef celle des bénéficiaires des dividendes du nouveau capitalisme.

AFP/Mychele Daniau

Rendre la fiscalité plus juste suppose au contraire d'élargir l'assiette de l'impôt sur le revenu et de rétablir sa progressivité. Tout le monde paie sans le savoir l'impôt par le biais de la TVA et de la CSG. Ces impôts sont injustes (le même taux s'applique au riche et au pauvre). On peut réhabiliter la politique publique en rendant explicite cet acte citoyen qu'est le paiement de l'impôt, tout en faisant payer chacun selon sa faculté contributive. Il faut pour cela créer un impôt universel sur le revenu, assis sur une assiette large et un barème progressif avec

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »

Les images de guerre ont radicalement changé de nature. W. J. T. Mitchell, l’un des grands théoriciens américains des visual studies, décrypte les politiques de l’image qui anesthésient et pourquoi certaines résistent encore aux instrumentalisations.
Par Juliette Heinzlef
Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño