Les Goulags de la démocratie, par Angela Davis

Figure du féminisme et de l’antiracisme, Angela Davis estime que le système carcéral américain est le miroir d’une démocratie fondée sur des inégalités sociales et raciales.

Clotilde Monteiro  • 22 février 2007 abonné·es

La démocratie américaine est un mirage. La raison de « la perpétuation systématique de la peine de mort aux États-Unis ­ cas unique parmi les pays industrialisés du monde ­ est le racisme qui associe la peine de mort à l'esclavage ». Cette assertion donne le la de la pensée critique toujours aussi radicale d'Angela Davis. En s'appuyant sur les philosophies marxistes, la féministe noire américaine analyse les rouages d'une société qu'elle qualifie de « racialiste » . Elle reconsidère le régime carcéral américain, dont les fondements socialement inégalitaires puisent, selon elle, dans le passé esclavagiste étasunien.

Le 3e Congrès mondial contre la peine de mort, qui s'est achevé à Paris le 3 février, a dénoncé une nouvelle fois le triste record des États-unis, en tête des pays démocratiques en matière de condamnation à mort : en 2006, 56 personnes y ont succombé. Le Japon, en deuxième position, a exécuté 4 condamnés l'an passé. Loin de se contenter de prôner l'abolition de la peine de mort, Angela Davis,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

« La France est assez équipée pour accueillir les enfants retenus dans les camps en Syrie »
Entretien 1 avril 2026 abonné·es

« La France est assez équipée pour accueillir les enfants retenus dans les camps en Syrie »

Dans la bande dessinée En quête de liberté, coécrite avec la journaliste Gaële Joly, la jeune femme de 26 ans forcée à rejoindre Daech à 15 ans raconte son parcours. Un témoignage inédit qui souligne les impensés de la justice et de la politique française en matière de rapatriement des familles parties en Syrie.
Par Salomé Dionisi et Olivier Doubre
« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »

Les images de guerre ont radicalement changé de nature. W. J. T. Mitchell, l’un des grands théoriciens américains des visual studies, décrypte les politiques de l’image qui anesthésient et pourquoi certaines résistent encore aux instrumentalisations.
Par Juliette Heinzlef
Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian