Audimat : a voté !
dans l’hebdo N° 941 Acheter ce numéro
Les Français, nous dit-on, se passionnent pour la campagne électorale en cours. En témoignent les taux d'écoute des émissions politiques, où les panels d'électeurs ont remplacé les journalistes (pas un progrès : questions catégorielles, pas de « droit de suite » , amateurisme des questionneurs intimidés face à des candidats rompus à l'exercice, absence des grands thèmes internationaux...). L'audience tient lieu d'arbitre des élégances ; et le camp socialiste pour une victoire que sa championne ait surclassé Sarkozy en prime time sur TF1.
Audimat : a voté ! Soit.
Le citoyen-badaud est donc scotché au petit écran. Est-il plus éclairé quand tombe le rideau ? Si les sondages fluctuent au fil des semaines, ils indiquent toujours un nombre d'indécis qui tangente les 70 %.
Dans son style inimitable de vieil oncle ronchon, Régis Debray décrit assez bien la dérive du débat politique : « Marketing et clientélisme sonnent l'arrivée d'une transatlantique élective dont le lancement en France remonte aux années Valéry Giscard d'Estaing. Un ultime cran d'arrêt à faire sauter : le spot payant, et nous serons à bon port. Aux normes. En Amérique. » [^2]. On ne peut que souscrire. Les Français suivent, oui : comme au stade, ou à l'Olympia. Politique-spectacle. Spectacle de la politique. Quels repères ? Tenez, ce jugement-ci, de quelle bouche
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