Philippe Corcuff : « Keny Arkana : un combat collectif, personnel et spirituel »
Sociologue et militant alter-mondialiste, Philippe Corcuff trouve dans les textes de la rappeuse Keny Arkana un langage métissant
la force
et la fragilité,
et une rhétorique proche
de celle
du sous-commandant Marcos.
dans l’hebdo N° 944 Acheter ce numéro
Politis (n° 942) a judicieusement braqué les projecteurs sur Keny Arkana, « contestataire qui fait du rap » , marseillaise et altermondialiste. Son album, Entre ciment et belle étoile (2006), pointe de nouveaux sentiers émancipateurs pour des radicalités puisant dans les traditions critiques mais s'efforçant de rompre avec les langues mortes politiciennes.
Keny esquisse un métissage inédit du langage de la force et de celui de la fragilité, des mots du combat et de ceux de la découverte tâtonnante du monde et de soi. L'univers très masculin du rap, on le sait, valorise la force. On retrouve cette empreinte chez Keny, dans l'expérience d'une enfant des foyers, de la fugue et de la rue (« Eh connard », « La mère des enfants perdus »). Dans « la Rage » contre les injustices. Dans la perspective politique de retourner une force collective contre la force de l'argent et des puissants (« Le missile suit sa lancée
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