Des nouvelles de Politis

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Chères lectrices et chers lecteurs... N'ayez crainte, ce n'est pas l'amorce d'un discours électoral de plus, mais l'entame d'un courrier que je vous adresse au nom de toute notre équipe. Au mois d'octobre, vous nous avez témoigné une confiance magnifique. Souvenez-vous : en un mois, nous avons recueilli près d'un million d'euros. Cette somme ne nous a pas seulement permis de parer à l'effacement d'un repreneur. Elle nous a aussi permis de créer une structure originale. Le capital de Politis est à 65 % entre les mains de ses salariés et de ses lecteurs ; et pour les 35 % restants, il est la contribution d'amis totalement impliqués dans la défense d'une presse indépendante.

Depuis cette date, nous avons transformé notre site pour en faire un instrument de dialogue permanent avec vous (nous dépasserons à coup sûr les cent mille visiteurs au mois de mai). Nous avons rafraîchi la maquette de notre journal et, par deux fois ­ et cette semaine encore ­, amélioré la qualité de notre papier. Cela pour répondre à un défaut de lisibilité qui nous était souvent reproché. Avec l'aide précieuse des amis de KD, nous avons repensé notre présence dans les points de vente. Nous sommes aujourd'hui dans 6 350 points de vente sur les 28 000 existants. Nous avons renégocié nos relations avec nos principaux fournisseurs, qui dans leur immense majorité ont compris que l'enjeu n'était rien de moins que la survie d'une presse indépendante. Nous avons résolu les problèmes postaux qui pénalisaient nos abonnés. Et, grâce au bénévolat de certains d'entre vous, membres de l'association Pour Politis (riche de quelque sept mille adhérents), nous avons multiplié les présences dans les salons et autres manifestations culturelles. Au total, depuis le mois d'octobre, nous avons doublé nos ventes au numéro et dépassé les 10 700 abonnés (nous étions à moins de 9 000 il y a six mois). Ce que nous n'avions encore jamais réussi. Et notre « trésor de guerre », celui que vous nous avez confié, a été reconstitué malgré nos investissements.

Mais nous sommes conscients de l'extrême fragilité de ce bilan. Nous avons bénéficié du double effet de votre mobilisation pour sauver Politis , et d'une conjoncture politique elle aussi mobilisatrice. Nous entrons cette semaine dans une nouvelle phase : devant nous, des mois d'été traditionnellement difficiles et un paysage politique bouleversé. Il nous faut donc consolider notre journal. Lui donner une stabilité qui le préservera des turbulences. D'une certaine façon, depuis le 6 mai, Politis a pris de la valeur. Car ce qui est rare est cher... Et nous faisons partie de ces rares médias qui n'appartiennent ni à un avionneur ami du président de la République, ni à un ami du président de la République fabricant de missiles ou bétonneur... La denrée apparaît encore plus précieuse quand on observe le ballet des journalistes de « news magazines », évidemment objectifs, rejoignant l'Élysée ou Matignon, et faisant fi des frontières entre information et communication.

Comment entrons-nous dans l'ère Sarkozy ? Avec une extrême vigilance. Une vigilance que nous exercerons à notre façon, en alertant l'opinion, en mettant en évidence les périls cachés sous un verbe de camelot ou parés des séductions de la logique formelle. Vous savez : « Travailler plus pour gagner plus »... Pour cela, huit personnalités ont bien voulu répondre à notre appel et former cet Observatoire du 6 mai dont nous vous parlons par ailleurs. Parallèlement, Politis se doit d'être actif et fédérateur dans le débat au sein de la gauche. Nous avons un rôle à jouer au cours de ces quelques mois, à l'issue desquels la gauche et l'écologie politique doivent retrouver une âme. Pour réaliser tout cela, et pour porter témoignage de la vie de tous ceux que cette société condamne à la souffrance, nous avons besoin de vous. De vos témoignages, de vos suggestions. Nous avons besoin d'accroître notre audience. Et nous n'avons guère d'autres moyens de nous faire connaître que votre propre activité. Par exemple, à la façon de notre ami Jamel Debouzze, qui a souscrit des abonnements en nous confiant le soin d'en faire profiter des jeunes des quartiers.

Alors, abonnez un ami ou abonnez un inconnu. Ce n'est que dans six mois que nous pourrons dire si nous avons durablement gagné notre pari. Politis est plus nécessaire que jamais. Ce n'est pas seulement en tant que journalistes de Politis que nous le croyons ; c'est en tant que citoyens.>


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