Gueule de bois
dans l’hebdo N° 951 Acheter ce numéro
Ce matin-là, toute la France avait mal aux cheveux. Ou presque toute la France : entre ceux qui avaient bu pour fêter la victoire et ceux qui avaient bu pour se consoler de la défaite.
C'est juste une image, hein ! Nous ne sommes pas un peuple de pochetrons. C'est pour dire que nous sommes vraiment coupés en deux, nous le peuple. Qu'on a beau nous seriner que toutes les opinions sont respectables, que c'est ça la démocratie, qu'au-delà de nos différences nous formons une collectivité unie (oui, oui, et chantons tous en choeur la vieille rengaine du père Chevalier : « Et tout ça, ça fait, d'excellents Français... » ), on a beau dire, pour la moitié d'entre nous enfin, un peu moins de la moitié, hélas, sinon nous serions la majorité , un Sarkozy Président, ça le fait pas. Vraiment pas.
Donc, ce lundi matin-là, gueule de bois.
Dès 6 heures du soir, le dimanche, tous ceux qui voulaient savoir savaient : le résultat était conforme aux derniers sondages, ceux-là même qu'on n'était pas censés connaître, mais que tous ceux qui voulaient les connaître connaissaient dès le matin (mais quand donc va-t-on changer ces dispositions absurdes qui prétendent instaurer le silence du vendredi minuit au dimanche 20 heures, quand même au fin fond des campagnes il n'est plus de secret que de Polichinelle ?), on savait que c'était râpé, qu'on allait en prendre pour cinq ans (au moins !) du régime néo-con à la sauce
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