Quand Sarkozy évoquait les défauts de la TVA sociale

Michel Soudais  • 17 juin 2007
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On savait déjà que la TVA sociale serait un impôt socialement injuste (comme toute TVA) puisqu’elle frapperait particulièrement les chômeurs, les inactifs et les retraités et vraisemblablement tous ceux dont le salaire est inférieur à 1,6 fois le Smic, pour des raisons que je n’ai pas le temps d’expliquer ici. On découvre aujourd’hui que l’instauration de cette TVA pseudo-sociale engendrerait « une accélération de l’inflation » . C’est en tout cas la conclusion à laquelle avait abouti une expertise du ministère de l’Economie et des Finances réalisée il y a trois ans, quand Nicolas Sarkozy était à sa tête de ce ministère. Expertise qu’a retrouvé le Journal du dimanche .

Un taux d’inflation plus que doublé

Selon le scénario central des simulations de Bercy, réalisées à la demande de la Commission des finances du Sénat, une hausse de TVA de 4 points, même conjuguée à « une diminution équivalente des charges, provoquerait une nette accélération des prix pendant au moins deux ans » , écrit l’hebdomadaire dominical.

Par rapport au rythme actuel de la hausse des prix de 1,1% par an, le taux d’inflation « serait plus que doublé » et atteindrait 2,4%, ce qui pèserait « sur le pouvoir d’achat et freinerait la croissance économique même si » cela pourrait aussi permettre de créer des emplois, poursuit-il.

Une autre évaluation demandée par les sénateurs aux économistes de la Chambre de commerce de Paris, qui s’était avérée encore plus défavorable, prévoyant une perte de pouvoir d’achat deux fois plus importante que celle anticipée par Bercy, rapporte encore le Journal du dimanche . Qui ajoute que Nicolas Sarkozy, auditionné le 4 mai 2004 par la Commission des finances du Sénat sur l’idée d’une hausse de la TVA pour compenser une baisse des charges sociales, l’avait alors clairement rejetée.

Nicolas Sarkozy avait notamment estimé qu’une hausse de la TVA « irait à l’encontre de la construction européenne » , impliquant une harmonisation des taux, serait « problématique pour la compétitivité française » et entraînerait probablement une hausse des prix. Pourquoi donc vouloir l’instaurer aujourd’hui, en 2008 ou en 2009?

P.S.: Premiers commentaires sur les résultats du second tour des législatives à lire ici.

Temps de lecture : 2 minutes
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