Chacun rame dans son coin
Pour Denis, conducteur de métro et syndicaliste-SUD à la RATP, la pénibilité physique a laissé la place à une souffrance psychologique
et à un isolement face à la machine. Témoignage.
dans l’hebdo N° 970 Acheter ce numéro
12 h 50. Denis prend son service, comme presque chaque jour depuis vingt-trois ans. Le conducteur de la ligne 2 du métro parisien retrouve ses collègues dans le « corps de garde », local niché entre les deux rames de départ de la station Nation. Ici, se côtoient chefs de manoeuvre, chefs de départ, agents de maîtrise, et les 160 conducteurs qui se relaient quotidiennement. On y prend un dernier café, on regarde distraitement les panneaux où s'affichent les tracts syndicaux. Dans la lumière jaunâtre, l'atmosphère à la fois décontractée (pour ceux qui ont fini leur tour) et un peu tendue (pour ceux qui commencent) donne à la salle des airs de vestiaire avant une course de fond. 13 h 01. Denis s'engouffre dans la « loge », minuscule cabine de conduite à l'avant du train. « On n'a pas de clim ici, c'est un métro qui a été conçu dans les années 1970 » , souffle-t-il. De nouveaux trains, plus modernes, seront bientôt mis en service : une nouvelle génération de métros pour une ancienne génération de conducteurs déboussolés par l'informatique. 13 h 02. Après un
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