« Il fallait que ce musée existe »

Spécialiste d’histoire coloniale et d’histoire de l’immigration, Benjamin Stora* a accepté de visiter pour « Politis » la toute nouvelle Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Olivier Doubre  • 25 octobre 2007 abonné·es

La Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) a ouvert ses portes le 10 octobre dernier dans le palais de l'ancien musée des Arts africains et océaniens. Voulu par André Malraux alors ministre de la Culture du général de Gaulle, ce musée avait ouvert en 1960, à l'heure des indépendances des anciennes colonies françaises, dans ce qui était à l'époque le musée de la France d'Outre-mer, qui, en 1935, avait lui-même succédé au musée des Colonies et de la France d'extérieur. Celui-ci pérennisait, dès 1932, le temporaire palais des Colonies construit en 1930 pour la fameuse « Exposition coloniale internationale », qui devait se tenir dans la capitale de « l'Empire français » de mai à novembre 1931.

Benjamin Stora devant la CNHI. OLIVIER DOUBRE

En pénétrant dans ce beau bâtiment de 16 000 mètres carrés conçu par l'architecte Albert Laprade, l'historien Benjamin Stora rappelle la raison d'être de sa construction au début des années 1930 : « Il se voulait le clou de l'Exposition coloniale de 1931, qui fut une véritable ode à la colonisation française. En effet, alors qu'on fêtait le centenaire de la conquête de l'Algérie, le joyau de l'Empire, cette Exposition était un instrument de propagande, destiné d'abord à faire connaître les colonies aux Français de métropole, qui voyageaient très rarement à l'époque et n'avaient aucune idée des terres que la France avait conquises. » Une plaque imposante dans le grand hall d'entrée annonce ainsi que cette construction fut « inaugurée le 6 mai 1931 par Gaston Doumergue, président de la République, Paul Reynaud, ministre des Colonies, et le maréchal Lyautey, commissaire général de l'Exposition coloniale internationale »...

Benjamin Stora

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Société
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