Parole de Mitterrand

Michel Soudais  • 14 novembre 2007
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Nous ne sommes pas les seuls à nous interroger sur une opposition fantôme. Quelques jours à peine après la parution du Politis de jeudi dernier, Josiane Balasko poussait un coup de gueule, rue de la Banque, lors d’une manifestation de soutien aux mal-logés: «Je me demande ce que foutent les mecs du PS! Où est l’opposition?» Ce matin, c’était au tour de l’acteur Philippe Torreton (Jaurès dans un téléfilm de France 2, il y a quelques mois) de faire part de son inquiétude dans un entretien au Parisien : «Le peuple de gauche existe toujours. On va d’ailleurs s’en rendre compte ces prochains jours à travers les mobilisations. Les électeurs de gauche n’ont pas disparu, les sondages l’indiquent. Mais il est évident que les organisations comme le PS et le PC traversent une crise sérieuse. Les socialistes ne sont plus audibles: il y a en France une misère économique et culturelle grandissante et révoltante. Or là-dessus, comme sur l’écologie, qu’est devenue devenue l’audace du PS?»

Bonne question à laquelle l’ancien compagnon de Claire Chazal apporte une mauvaise réponse puisqu’il pense que «Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sont aujourd’hui les seuls en mesure de pouvoir rectifier le tir, à condition qu’ils s’entendent» . Reste le constat d’un PS qui ne s’opose pas. Pourquoi?

«Pourquoi le PS est-il devenu ce qu’il est aujourd’hui ?» se demande aussi Danielle Mitterrand dans un entretien à paraître ce matin 15 novembre dans le Parisien (encore!). Mais la veuve de l’ancien président de la République, qui publie ses Mémoires [^2], délivre aussitôt sa réponse: Le PS est devenu ce qu’il est aujourd’hui «parce qu’il avait à sa tête des gens qui n’ont pas l’esprit socialiste» .

«Ce n’est pas parce qu’on prend une carte qu’on est socialiste. Foncièrement, depuis quelques années, les dirigeants socialistes n’ont pas la tripe socialiste » , ajoute-t-elle. Mme Mitterrand juge qu’ils ont «un regard beaucoup trop attendri pour l’argent. Ils ne réagissent pas, ne respirent pas ce désir de société que nous avions» . Tout est dit.

[^2]: Danielle Mitterrand, Le Livre de ma mémoire, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 520 p., 23 euros.

Temps de lecture : 2 minutes
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