Profession : politique

Marion Paoletti* pose le problème de la professionnalisation politique, phénomène qui réduit l’exercice de la démocratie à un processus carriériste monopolisé par des spécialistes. Retrouvez les autres contributions sur « ces questions qui fâchent à gauche » dans notre rubrique Idées et sur le site de la revue Mouvements.

Marion Paoletti  • 15 novembre 2007 abonné·es

Ce qui pose prioritairement problème aujourd'hui dans le fonctionnement de la démocratie représentative, c'est la professionnalisation qui caractérise les activités politiques de représentation, à l'échelon local comme national, et les tendances de plus en plus affirmées au corporatisme électif qu'elle génère dans la Ve République. Cette professionnalisation politique, phénomène qui ne cesse de s'accentuer, constitue désormais un enjeu décisif pour les citoyens.

À la suite de Max Weber, on appelle professionnels de la politique ceux qui vivent pour et de la politique. Liée au départ à un mouvement d'élargissement de la démocratie représentative, cette professionnalisation est devenue dysfonctionnelle. Elle n'a eu de cesse de s'élargir et touche désormais des métiers périphériques : spécialistes des sondages, de la communication, du marketing politique, du « media training » ... La décentralisation, en particulier, a accentué la professionnalisation politique par sa technicité et la progression des métiers de la politique locale. Les partis de gouvernement sont devenus globalement des partis d'élus et de salariés politiques. Jamais les partis n'ont autant vécu de et pour les collectivités locales.

L’élu local est-il un professionnel ou un « délégué » ? DANIAU/AFP

La professionnalisation politique aboutit à une rétractation de la vie politique sur les enjeux électoraux et à un resserrement de la démocratie représentative. La politique est devenue une activité spécialisée, permanente, rémunérée, qui concerne un

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Idées
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