Traité européen: Pour la CGT c’est «non»

Michel Soudais  • 9 novembre 2007
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Avez-vous lu quelque part l’appréciation de la CGT sur le nouveau traité européen ? A part si vous avez lu l’Humanité ce matin, il y a peu de chance que vous sachiez que la première centrale syndicale française « réitère sur le nouveau texte l’appréciation négative qu’elle avait portée sur le précédent projet de traité constitutionnel » . Elle annonce en outre qu’ « elle agira pour que les citoyens français soient consultés par référendum avant toute ratification » . Contre le traité et pour un référendum : cela fait deux motifs de censure médiatique par les temps qui courent.

Cette position de la CGT résulte d’une décision de son comité confédéral national (CCN) suite à un rapport de Maryse Dumas. Ce n’est donc pas la sentence d’un chef syndical, qui se serait borné à consulter son représentant à la Confédération européenne des syndicats entre deux Thalys, mais bien le résultat d’un débat du « parlement » cégétiste. Elle est résumée dans une déclaration rendue publique le 7 novembre[^2].

La CGT y déplore que les chefs d’Etat et de gouvernement, dont Nicolas Sarkozy, n’aient pas choisi la « voie démocratique » du référendum pour la ratification de ce nouveau traité.

Après avoir rappelé les « axes d’interventions » qu’elle avait défini ( « le développement d’une Europe de projets solidaires ; le développement d’une Europe sociale ; l’exigence d’une directive cadre sur les services publics » ), la CGT estime que :
« Ce traité modificatif ne donne pas les moyens de répondre aux préoccupations exprimées par les salariés français ni au besoin d’une relance d’une Europe solidaire et démocratique. »
« La dimension sociale de l’Europe n’y est pas réellement renforcée. » Elle pointe notamment la faible portée d’une Charte des droits fondamentaux à « géométrie variable » .
« Le rôle des partenaires sociaux et la place du dialogue social ne sont pas renforcés. »
– La concurrence libre et non faussée n’a pas disparu, «le concept est repris à maintes reprises dans le traité» .
« La clause de « non atteinte à la libre concurrence » reste la règle générale applicable aux Services Publics. La séparation entre Services d’Intérêt Général (SIG) et Services d’Intérêt Economique Général (SIEG) continue à poser un problème majeur. Elle renvoie tous les secteurs des transports, de la communication, de la santé et de l’énergie à la logique concurrentielle. »

Divergence totale avec la CFDT

Le contraste est total avec la CFDT. En bon «démocrate», François Chérèque souhaite que le traité européen de Lisbonne «soit adopté au plus vite par le Parlement» . Le secrétaire général de la CFDT, qui ne s’est toujours pas remis du rejet par les Français du traité constitutionnel, refuse toute idée de référendum. «On a mis l’Europe en cale sèche, aujourd’hui il faut que l’Europe redémarre, et la meilleure façon de la faire c’est d’adopter ce traité le plus rapidement possible» , a-t-il déclaré mardi 6 novembre sur Europe 1.

Inutile de préciser que ce feu vert au coup de force sarkozyste a eu d’avantage d’écho que la prise de position de la CGT . Pour ne prendre qu’un exemple, assez choquant, l’AFP qui s’est empressée de faire une dépêche sur les propos de François Chérèque, n’a pas soufflé mot de la position de la CGT. Or cette agence de presse est la principale source d’information des quotidiens régionaux et de la quasi-totalité des radios.

[^2]: Elle est consultable sur le site de la CGT.

Temps de lecture : 3 minutes
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