« La rétention glisse vers une logique d’internement »

À la veille de l’examen d’une directive européenne durcissant les conditions de rétention, Damien Nantes, de la Cimade*, revient sur les mouvements qui agitent plusieurs centres, et dénonce l’industrialisation du processus.

Ingrid Merckx  • 10 janvier 2008 abonné·es

Où en sont les mouvements de protestation qui agitent les centres de rétention administrative du Mesnil-Amelot et de Vincennes ?

Damien Nantes : Le mouvement qui a commencé au centre du Mesnil-Amelot la dernière semaine de décembre s'est d'abord calmé avec le transfert ou la libération de ses porte-parole. Il a repris le 1er janvier quand une vingtaine de personnes ont refusé de s'alimenter et ont manifesté à l'intérieur du centre. La vague de protestation a gagné les centres de Vincennes. Difficile de savoir si elle va s'étendre. Particulier du fait de son ampleur et de sa médiatisation, ce mouvement n'est pas exceptionnel : à plusieurs reprises, en 2007, des retenus ont entamé des grèves de la faim collectives. Ces mobilisations sont difficiles à analyser : courtes, car la durée moyenne de rétention est de neuf jours ; spontanées ; déclenchées par une conjonction de facteurs qui, à un moment donné, se concentrent dans un lieu. Au centre du Mesnil-Amelot, il s'agissait moins d'une protestation contre les conditions de rétention que d'une mise en cause des pratiques d'arrestation et d'une contestation plus globale du type : « Stop à la politique anti-immigrés. »

rétention, à Vincennes, le 4 janvier. GUAY/AFP

Qui est concerné par la rétention administrative ?

Tout étranger interpellé en situation irrégulière fait l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire et se trouve placé en centre de rétention pour une durée maximale de 32 jours. Aujourd'hui, parmi les personnes placées, 50 % sont renvoyées et les autres sont libérées à l'issue de la durée

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Société
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