Derniers échos de Versailles

Michel Soudais  • 7 février 2008
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Pendant que les députés débattent à la va-vite et en nocturne du traité de Lisbonne, je vous livre quelques réflexions, infos et remarques à propos du congrès de Versailles.

Le MoDem à 50/50

Si la plupart des commentateurs ont préféré mettre l’accent sur les divisions du PS pour éviter de parler du fond, la négation du vote des Français le 29 mai alors que le traité de Lisbonne reprend l’essentiel des dispositions du traité constitutionnel, aucun n’a pointé le grand écart du MoDem, le très courtisé parti de François Bayrou. Celui-ci ne compte que deux députés, François Bayrou et Jean Lassalle. Le premier s’était engagé, lors de la campagne présidentielle, à faire ratifier tout nouveau traité par référendum. Il a néanmoins voté pour la révision constitutionnelle. Le second a voté contre, considérant que «seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait» . Bel exemple de grand écart.

### L’outrage fait à «Jack le magnifique»
Jack Lang, très affable avec tous les journalistes qui se pressaient pour lui demander pourquoi il votait la révision constitutionnelle et comment il jugeait la position du PS (dans le but de mettre en avant les dissensions du PS), n’a pas apprécié que j’ose lui demander s’il n’était pas un peu gêné aux entournures de «censurer le peuple» . J’avais introduit cette question en lui rappelant que, pour la première fois depuis 1946, un référendum négatif n’était pas pris en compte. Ecoutez sa réponse. D’abord surpris, il s’énerve et refuse de répondre, avant de prendre un ton outragé: le démocrate c’est lui!
### Si tout est «mini»…
Soulagement du Parisien-Aujourd’hui (5 février) au lendemain du Congrès: «Le mini-traité peut être ratifié.» Il n’y a plus guère que ce quotidien pour reprendre l’appelation fabriquée par les services de propagande de l’Elysée et faire croire à ses lecteurs que le traité modificatif est un «mini-traité». Même le Figaro n’ose plus berner les siens et opte pour le «traité de Lisbonne». Et si on faisait croire que ce journal est dirigé par des «mini-journalistes»?

Un Monde d’approximation

Surprise à la lecture du Monde (6 février) qui rend compte de la réunion du congrès de Versailles. En accroche de Une, dans le titre et le corps de l’article de la page 9, le «quotidien de référence» annonce que «la révision constitiutionnelle [a été] adoptée en congrès par 540 voix (sic) contre 181» . On ne va pas chipoter pour 20 voix… Ni sur les dates: dans la même page, un article note que l’on n’a pas vu Laurent Fabius le 3 février, à Paris, lors du meeting organisé par le Comité national pour un référendum. On ne risquait pas en effet de le voir le 3 puisque ce meeting s’est tenu le 2 février (mes photos du meeting sont ici) où il n’était pas plus. Mais, confidence pour confidence, personne n’y a vu non plus d’envoyé du vénérable quotidien. Ceci explique peut-être cela.

Vote d’un doigt

C’était prévisible. Le mépris que traduit le vote de lundi pour le vote des Français sur le traité constitutionnel européen, et surtout la position faux-cul des élus socialistes, verts et radicaux (dit de gauche) suscite chez certains électeurs un désir de vengeance. «Tu t’es abstenu, je m’abstiendrai aussi!» déclarent de nombreux internautes. Sur le Monolecte, Agnès Maillard dit toute sa désillusion et propose en téléchargement à ses internautes un bulletin de vote aussi élégant que raffiné, promis à un beau succès.

Temps de lecture : 3 minutes
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