Irresponsabilité
dans l’hebdo N° 990 Acheter ce numéro
Dans le jargon professionnel, c'est ce qu'on appelle un «urgent». Il s'agit d'une dépêche d'agence qui rend compte, brièvement et dans la plus grande hâte, d'un événement jugé important par son auteur. Rarement «urgent» aura mieux porté son nom que cette petite dépêche datée de lundi matin, 5~h~55 (notez bien~: 5~h~55), qui nous informait qu'une opération de police «~de grande ampleur, mobilisant près d'un millier de membres des forces de l'ordre, [avait] débuté [...] à 6~heures, à Villiers-le-Bel~» . Oui, vous avez bien lu: «6 heures»! Sans doute le confrère a-t-il confondu «urgent» et précipitation puisque les faits relatés par lui n'avaient pas encore eu lieu. Mais la vraie leçon
de cette anecdote est évidemment ailleurs. Elle réside dans cette volonté politique trop évidente de faire savoir avant même d'avoir agi. Et, même, de configurer l'action pour les seuls besoins de la médiatisation. Tout le sarkozysme est dans cette affaire. Convocation des micros et des caméras. Roulements
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