La fin d’un exil inique
Chassés par dizaines de milliers de leur pays après les massacres de 1989 sur les rives du fleuve Sénégal, les Peuls mauritaniens ont entamé avec prudence leur retour officiel. Reportage.
dans l’hebdo N° 988 Acheter ce numéro
Joyeux branle-bas sur la rive gauche du fleuve Sénégal. En gilet azur, le personnel de l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) virevolte autour d'une dizaine de camions, distribuant formulaires, fiches et consignes. Sous les bâches, une centaine de réfugiés mauritaniens, avec quelques matelas et une dizaine de chèvres, attendent patiemment l'exécution d'une kyrielle de formalités avant d'embarquer pour leur pays. Mardi 29 janvier, grâce à un accord entre la Mauritanie, le Sénégal et le HCR, c'est le retour d'un premier contingent officiel de volontaires, après la grande vague de déportations qui a suivi les tueries d'avril 1989 sur les bords du fleuve.
Réfugiés s’apprêtant à rentrer en Mauritanie. PATRICK PIRO
On compte et on recompte. « Il y a un nouveau-né en plus » , hurle un agent du HCR. 21 familles, 102 personnes, toutes peules. Le chiffre a constamment évolué au cours des jours précédents. Une famille a été rejetée incertitude sur son identité , quatre autres ont finalement confirmé leur intention de faire partie de ce premier wagon.
Ils sont nombreux à avoir refait leur vie au Sénégal, où les quelque 250
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