Le réveil des classes

Le néolibéralisme a-t-il occulté la notion de classes sociales ? Ce n’est pas l’avis du sociologue Roland Pfefferkorn, auteur d’un essai sur les rapports sociaux, pour qui la conflictualité sociale connaît actuellement un regain.

Michel Husson  • 7 février 2008 abonné·es

Qu'appelle-t-on le « paradoxe néolibéral » et comment s'explique-t-il ?

Roland Pfefferkorn : Au moment où la polarisation sociale se renforce à travers la montée des inégalités sociales, le discours de classe, tel qu'il se déclinait jusqu'à la fin des années 1970, s'efface. Il y a plusieurs raisons à cela. Le noyau central de la classe ouvrière industrielle s'est effondré. La bourgeoisie et ses institutions défendent en permanence les intérêts de cette classe et imposent sa vision du monde. Et ce, d'autant plus que les liens entre les intellectuels et la gauche se sont fortement distendus et que de nouveaux discours et pratiques managériales se sont progressivement imposés. Ajoutons à ces transformations une difficulté sémantique réelle : longtemps, une confusion a été entretenue entre la « classe ouvrière » et la catégorie ouvrière au sens des catégories socioprofessionnelles de l'Insee. Or, cette classe ne s'est jamais limitée aux seuls ouvriers. Elle comprend la très grande majorité des salariés. C'est pourquoi il vaut

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