Morale, religion et sécurité…

Journaliste française depuis huit ans aux États-Unis, tenant régulièrement chronique dans notre rubrique « écologie », Hélène Crié-Wiesner livre ici ses impressions de campagne. Et un pronostic.

Hélène Crié-Wiesner  • 10 avril 2008 abonné·es

Samedi dernier, un crachin tombait sur le downtown de Raleigh, la capitale de Caroline du Nord, je sortais d'un café. Sur un parking vide, une petite foule relax entourait un jeune homme noir qui scandait dans un micro : « Yes, we can ! » Une banderole aux armes de Barack Obama était tendue entre deux voitures, l'assistance était multicolore, jeune et vieille, ouvrière, étudiante, retraitée, normale.

À Houston, des employés de la firme Enron prient après la faillite de leur société en 2002. MATA/AFP

« On avait l'habitude de voir nos primaires ignorées, parce qu'elles intervenaient trop tard dans le processus. Tout était joué. Eh bien, cette fois, on va compter. Yes, we can. » Une jeune femme blanche prend le relais : « Je suis là pour organiser avec vous les primaires du 2 mai. Vous avez le temps de passer dans vos églises pour vérifier que tout le monde a prévu de se déplacer. Yes, we can ! » Vivas. Des bras se lèvent, et des croupes ondulent en un début de gospel. Quelques femmes noires hululent : « Oh God ! » Je soutiens Obama, mais je me sens bizarre, tout à coup.

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Monde
Temps de lecture : 4 minutes