Personnages et témoignages

Politis  • 30 avril 2008 abonné·es
« Vincennes et moi… »

En mai 1968 , journaliste, chômeur et manifestant, suivant le cortège qui avait repris le Quartier latin, j’ai pénétré pour la première fois de mon existence dans une université. Il s’agissait de la Sorbonne et j’avais 28 ans. À la fin du mois d’août, remis d’une grave blessure causée par une grenade offensive, effectuant pour l’Aurore un reportage sur les nouvelles universités décidées par le ministre de l’Éducation nationale, Edgar Faure, j’ai trouvé dans le bois de Vincennes, dans une baraque de chantier, penchés sur une planche à dessin, un architecte et un entrepreneur exaltés m’expliquant qu’ils s’apprêtaient à construire une fac révolutionnaire comme il n’en avait jamais existé en France. Ils en voulaient pour preuve qu’elle serait ouverte aux non-bacheliers. J’étais dans ce cas, ayant quitté le lycée en première. Le reportage publié , je me suis précipité à Jussieu, où se prenaient les premières inscriptions. En janvier 1969, dès que ce « centre universitaire expérimental de Vincennes » fut ouvert, travaillant toujours comme journaliste, j’ai commencé des études de géographie. En compagnie, dans ce département et ailleurs, de centaines de non-bacheliers venus de tous les secteurs du monde du travail. Des années plus tard, j’ai obtenu un DEA de géographie et, au début des années 1980, j’ai commencé à enseigner l’écologie dans ce même département, tout en restant journaliste. Pur produit de cette nouvelle université, devenue Paris-VIII malgré les efforts de la droite et la méfiance des gauches classiques, j’ai souhaité que Politis , héritier de Politique-Hebdo , dont je fus aussi un collaborateur, raconte l’histoire, avec beaucoup de raccourcis tant elle est riche, de cette université « de Mai 68 » qui fêtera ses quarante ans à partir du 13 janvier au bois de Vincennes. Claude-Marie Vadrot

Gérard Miller, professeur au département de psychanalyse « Quarante ans après sa création, Paris-VIII est toujours la seule université française où existe un département de psychanalyse autonome, sans liens de subordination à la psychologie. Dès sa création, c’est vers Lacan et pas vers tel ou tel psychanalyste “officiel” que le ministère se tourna, et rien ne pouvait combler davantage les étudiants contestataires que la nomenklatura des praticiens orthodoxes rebutait. Lacan n’était pas un

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 13 minutes

Pour aller plus loin…

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant
Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques
Enquête 27 février 2026

Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Ahmed N., un exilé érythréen souffrant de troubles psychologiques, est mort sur un parking près de Calais en mai dernier. Malgré les alertes, les associatifs ont fait face à de nombreux dysfonctionnements venant de l’hôpital de Calais concernant sa prise en charge.
Par Maël Galisson
Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain