« Quelle réponse donner à la souffrance ?»

L’affaire Chantal Sébire a relancé le débat sur la fin de vie. Président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, Godefroy Hirsch* dresse un état des lieux et réclame l’application de la loi Leonetti.

Ingrid Merckx  • 24 avril 2008 abonné·es

Après l’affaire Marie et Vincent Humbert (2003), l’affaire Chantal Sébire a relancé le débat sur la fin de vie en France. Pourquoi faut-il de tels drames pour voir le sujet abordé sur la place publique ?

Godefroy Hirsch : Les médias ont une part de responsabilité dans la mise en avant de ces « affaires », plus « porteuses » que des sujets tels que l’accompagnement de fin de vie ou le fait de vieillir en maison de retraite… Comment meurt-on en France aujourd’hui ? Que signifie être atteint de maladie grave en France aujourd’hui ? Le discours sociétal sur la mort se fait sur le mode de l’immédiateté, sans se saisir de la réalité et de la complexité de la problématique de la fin de vie.

La loi Leonetti est novatrice parce qu’elle met en avant la parole et les souhaits du patient à propos de ses traitements. Huguen/AFP

Derrière le suicide médicalement assisté, l’exception d’euthanasie et les limites de la loi Leonetti, l’affaire Chantal Sébire vient aussi rappeler que cette loi, qui date du 22 avril 2005, n’est toujours pas appliquée. Pourquoi ?

La loi Leonetti, qui a bouleversé le cheminement éthique, n’est manifestement pas assez connue ! Le grand public n’a pas connaissance des solutions qu’elle propose, comme choisir une personne de confiance (un porte-parole désigné par le patient pour les moments où il ne pourrait plus communiquer) ou rédiger des directives anticipées (ce que je prévois concernant des traitements ou une abstention de traitements si je suis inconscient). Un grand nombre de professionnels de santé ne la connaissent pas assez. De ce fait, elle n’est pas assez appliquée. Le

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien