Fragments d’un discours ouvrier

Xavier Vigna publie un ouvrage imposant sur « l’insubordination ouvrière dans les années 68 », comme un cinglant démenti aux nombreuses présentations de cette période qui se limitent au mouvement étudiant.

Olivier Doubre  • 8 mai 2008 abonné·es

Bas salaires, autoritarisme sans complexe des cadres et des dirigeants, racisme, sexisme allant parfois jusqu’au droit de cuissage, mauvaises conditions de travail, logements délabrés, voire insalubres, bidonvilles pour les travailleurs immigrés… La liste est longue de ce qui constitue l’envers peu reluisant des Trente Glorieuses, ces années fructueuses qui ont vu le développement du capitalisme français et l’enrichissement du pays. C’est là, en creux, l’un des enseignements de l’imposant essai d’histoire sociale que publie le chercheur Xavier Vigna, l’Insubordination ouvrière dans les années 68. Ces caractéristiques des relations sociales à l’intérieur des usines ou des conditions de vie des ouvriers dans la France des années 1960 et 1970 expliquent en effet à elles seules les très nombreuses grèves qui marquent cette période. Au-delà, c’est aussi une véritable culture de la conflictualité, diffuse au sein de la classe ouvrière et capable de remettre en

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