Studio Gabriel
dans l’hebdo N° 1002 Acheter ce numéro
Pour une fois qu’elle était programmée, annoncée, claironnée même, à une heure précise et par voie de presse ; qu’on nous en déroulait partout, à pleines pages de gazettes, le programme roboratif ; que son évidence, en ce dimanche de Pentecôte, promettait de fondre sur nous en langues de feu, nous armer de tous les dons de l’esprit et de toutes les vigueurs de la foi ; qu’elle surgissait comme par malice (et délicieuse accointance avec notre jeunesse) en pleine célébration de cet anniversaire du 11 mai 1968, cette fiévreuse journée des barricades où, dans l’âcre odeur des lacrymogènes et à la lueur des voitures en feu, nous autres, les sexas, l’avions acclamée pleins d’espoir et tremblants de ferveur (de trouille aussi) : pensez bien qu’on n’allait pas la manquer. La Révolution !
C’était donc dimanche, à l’heure du café, la prise du Studio Gabriel. On a les palais d’Hiver qu’on peut.
INFOTAINMENTOn a bien raison de dire que la société du Spectacle fait ventre de tout. Et l’on comprend l’émoi des vieux disciples de Léon Davidovitch à l’idée de voir l’héritier assis sur les velours (rouges, certes) où reçoit Drucker, et où se sont posées tant de paires de fesses social-traîtres, voire carrément réactionnaires. D’ailleurs le gentil postier avait pris les devants. En substance : « S’il y en a que ça défrise, peuvent toujours fermer le poste ! » Certes. Mais la question posée, cher Olivier, n’est pas tant des appréciations individuelles de tel ou tel que du bien-fondé d’une prise de parole politique dans le cadre d’une émission de variétés. Ce que les Ricains, précurseurs en la matière, ont appelé infotainment , soit le mixte de l’information et du divertissement : un indigeste brouet, en général. Ce n’est certes pas d’hier que la question est posée ; et une majorité d’hommes politiques (où j’inclus
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