Courrier des lecteurs Politis 1005
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La mécanique s’emballe
Voici la réponse d’un lecteur de Politis à un ami auquel il avait précédemment envoyé l’appel de notre journal, et qui avait eu une réaction désabusée ( «Ah, tu y crois encore !» ).
Alors, que proposes-tu, mon cher ami philosophe ? Rester dans cette logique d’accélération suicidaire de la paupérisation actuelle, dont les paramètres de croissance sont exponentiels ? Transiger, négocier, biaiser avec des entités dont la morgue financière est incommensurable et dont la puissance corollaire leur permet d’offrir un discours de paternalisme dictatorial (car nous y sommes, comme les Anglais ou les Belges, ou les Suisses…) ? Tu sais aussi bien que moi qu’un système économique, lorsqu’il n’a plus de contrepartie, est contraint à l’éclatement par autodestruction, du fait même qu’il n’a plus de sparring-partner lui permettant de mettre en exergue les failles qui minent ses fondations, résultant des surgeons de cette course aveugle à la croissance en tout. Cela écrit, je veux bien que cet appel sente le réchauffé stérile, mais quand un Walter Veltroni annonce lui-même que son parti n’est pas un parti de gauche, quand les partis historiquement de gauche marchent sur les plates-bandes de la droite, qui, elle, vire sur son aile la plus extrême et peaufine un discours très démagogiquement compréhensible (alors que la «gauche» se perd en guerres picrocholines), où vont les gens qui ont encore envie d’accomplir un devoir civique ? Vers ce qui est très clairement identifiable, lisible, sans fioritures, à savoir les discours d’extrême droite actuels. L’antienne, qui résonne actuellement à nos oreilles, de personnes prêtes à rogner
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