« Pourquoi les Irlandais sont-ils seuls à voter ? »

L’Irlande organise le 12 juin un référendum sur le traité
de Lisbonne. Susan George, présidente d’honneur d’Attac, décrit les conditions dans lesquelles il est organisé.

Susan George  • 5 juin 2008 abonné·es

En 1987, un citoyen irlandais nommé Raymond Crotty a porté devant la Cour suprême de son pays une requête d’une parfaite logique : sachant que tout changement dans les traités européens exige un amendement à la Constitution irlandaise, sachant encore que tout amendement à la Constitution irlandaise doit être approuvé par référendum, tout changement d’un traité européen doit être approuvé par référendum. CQFD. La Cour lui a donné raison, et, de ce fait, les Irlandais voteront le 12~juin sur le traité de Lisbonne.

Le traité de Nice avait été rejeté en 2001 puis adopté en 2002. Andersen/AFP

En France aussi il faut modifier la Constitution pour accommoder un nouveau traité européen, d’où les transhumances périodiques des élus à Versailles. Hélas, le choix du référendum ou de l’approbation parlementaire qui s’ensuit dépend du bon plaisir du président de la République. L’an dernier, celui-ci avait déclaré, devant quelques parlementaires européens sélectionnés, qu’un «référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aurait pas de traité si nous avions un référendum en France».

Quelque 75~% des Européens interrogés ont déclaré vouloir se prononcer sur le traité de Lisbonne. Mais, au

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes

Après des discours musclés en campagne électorale, Giorgia Meloni s’est employée à rassurer les marchés et ses alliés internationaux recouvrant sa radicalité d’extrême droite originelle. Mais depuis sa défaite électorale au référendum de mars, la première ministre italienne semble renouer avec de vieilles tentations autoritaires.
Par Olivier Doubre
Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne
Récit 8 avril 2026 abonné·es

Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne

À un an de la fin de son mandat, Giorgia Meloni fait face à sa première véritable crise politique. Si l’on regarde en arrière, elle n’est en mesure de revendiquer que des mesures construites sur une série de paniques morales. Mais les mouvements sociaux italiens ont su lui porter la contradiction.
Par Giovanni Simone
Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique
Décryptage 8 avril 2026

Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique

En trois ans et demi à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a tenu la distance sans vraiment tenir ses promesses de révolution néofasciste.
Par William Jean
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre