Attali ou la confusion des genres

Expert parmi les experts, Jacques Attali a couché sur le papier le futur de l’humanité pour les cinquante prochaines années. Étrangement, ce destin ressemble à celui d’une France qui mettrait en œuvre les trois cents propositions de la Commission… Attali.

Mathilde Azerot  • 24 juillet 2008 abonné·es

Il n’y a pas un domaine qui soit étranger à Jacques Attali. Polytechnicien, haut fonctionnaire, conseiller spécial de Mitterrand, il se targue notamment (car la liste est longue) d’avoir participé à la création d’Action contre la faim, d’être l’un des promoteurs du microcrédit ou encore… de détenir les clefs du futur. Dans son dernier ouvrage, Une brève histoire de l’avenir , après avoir brossé à grands traits les quelque 3,8 millions d’années de l’histoire du monde depuis l’apparition des premiers primates jusqu’à celle du capitalisme, Attali se propose de raconter l’histoire de l’humanité du prochain demi-siècle, postulant que « l’Histoire obéit à des lois qui permettent de la prévoir et de l’orienter » . Au risque de tomber dans des considérations déterministes, Attali détaille ses scénarios du futur sous la forme de « trois grandes vagues de l’avenir »  : l’« hyperempire », l’« hyperconflit », l’« hyperdémocratie ». Le monde d’Attali sera celui de l’extrême et doit se préparer à de sombres heures.

Après la chute de l’empire américain, pressentie pour 2035, un monde polycentrique émergera qui verra le marché l’emporter sur la démocratie. L’hyperempire,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot
« Les révolutions sont des imaginaires puissants »
Entretien 12 juin 2026 abonné·es

« Les révolutions sont des imaginaires puissants »

Dans un temps marqué par la montée des extrêmes droites, l’historienne Mathilde Larrère s’attarde sur ce que la gauche fait de sa mémoire révolutionnaire, endroit fécond où inventer l’avenir.
Par Juliette Heinzlef
Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir
Tribune 11 juin 2026

Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

L’affaire Lyhanna met en lumière les limites d’une conception viriliste du pouvoir incarnée par le ministre de la Justice. Quand les violences sexuelles s’imposent au débat public, la posture de l’« homme fort » apparaît moins comme une solution que comme une partie du problème.
Par Lynda-May Azibi
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre