La France à la traîne

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Probablement parce qu’elle n’est guère encouragée par la majorité politique, qui prête plus souvent une oreille attentive à la FNSEA qu’à la Confédération paysanne, la culture bio progresse péniblement en France, les aides étant attribuées plus fréquemment aux agro-industriels du blé et du maïs qu’aux paysans privilégiant la qualité. Cette réalité surgit du rapport 2007 de l’Agence Bio. D’après cet organisme, dont le sérieux est notoire, près de 12 000 agriculteurs bios travaillent en France sur 557 000 hectares, ce qui ne représente qu’une modeste augmentation de 3 % par rapport à 2006. Des chiffres largement dépassés par ceux de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, en rythme de progression et en valeur absolue. Partout, les courbes de progression explosent, sauf en Autriche, où la superficie des terres converties à l’agriculture biologique représente déjà plus de 13 % de la surface agricole utile, contre 2 % (557 133 ha) pour la France, chiffre qui a peu évolué depuis 2002 et situe notre pays à la 21e place en Europe. Juste devant l’Irlande, Chypre, Malte, la Lituanie et la Bulgarie.

Selon les produits, la France importe entre 50 et 70 % de l’alimentation bio consommée dans le pays. Ce qui explique que le nombre des transformateurs de produits et des distributeurs soit en progression rapide : de 161 en 2005, ils sont passés à 1 371 en 2007. La demande augmente en effet bien plus rapidement que les possibilités de production sur le territoire français. Ce qui pose la question cruciale du parcours que doivent accomplir au moins la moitié des produits, alors que la logique écologique du bio passe évidemment par une production locale ou régionale. Sans parler des pommes du Chili ou d’Argentine vendues par des magasins comme ceux de la chaîne Naturalia, récemment rachetée par Monoprix, filiale des Galeries-Lafayette et de Casino…
Essentiellement présent dans des magasins spécialisés (et non en grande surface), le marché des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique se situe dans une progression annuelle de 10 % et a atteint en 2007 un chiffre d’affaires hors taxes de 1,9 milliard d’euros. Il serait possible de faire mieux puisque, d’après l’enquête menée en octobre dernier par le CSA, 77 % des Français estiment que l’agriculture bio est une solution d’avenir, et 78 % des parents souhaitent des repas bios à l’école, où il en a été servi 540 000 en 2007 contre 263 000 en 2006.
Et l’on retiendra comme véritablement encourageant, alors que les vignobles français diminuent, le fait que la surface des vignes cultivées en bio pour la production de vins ait augmenté de 20 % en 2007. De quoi noyer dans des produits de qualité, notre chagrin de constater que l’agriculture paysanne et bio progresse si peu en France.


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