Vent de discorde sur l’éolien

Les éoliennes, qui devront produire 10 % de l’électricité en 2020, ont déclenché une querelle entre « anti » et « pro ». Derrière, se profile un capitalisme vert à l’affût de rentes confortables, garanties par des incitations financières étatiques.

Christine Tréguier  • 20 novembre 2008 abonné·es

La France s’est enfin mise à l’heure de l’éolien. Et l’on ne peut que s’en réjouir pour les militants qui se battent depuis plusieurs décennies pour la consécration de ces mo­dernes moulins à vent. Mais un souffle de discorde perturbe le développement de cette énergie verte. Une querelle où « pro » et « anti » s’empoignent par médias et sites interposés. « Yes we can » , lance dans une ­lettre à Nicolas Sarkozy le site Planète éolienne, qui, pour sauver la planète, mettrait bien des éoliennes partout. On s’y gausse du « bide » des « ringards » antiéoliens, pourtant proches du millier à manifester à Paris le 4 octobre. Du côté des « anti », on tente aussi de discréditer l’adversaire à coup d’études manipulées et parfois de plaidoyers pour l’énergie nucléaire. Elle est déjà loin, l’époque où les écolos utopistes installaient leurs premiers mâts. Les sympathiques PME luttant contre l’effet de serre ont été mises en minorité, abandonnant le Syndicat des énergies renouvelables (SER) aux énergéticiens voraces. C’est l’heure du business et de la valorisation des « portefeuilles éoliens ».

Ce marché en pleine croissance profite plus aux gros opérateurs énergétiques qu’aux PME. Julien/AFP

Car, sur le terrain, tout s’accélère depuis deux ans. Le taux de croissance de ce marché porteur flirte avec les 30 %. Le constructeur allemand Enercon, numéro 3 mondial, affiche une marge de 50 %. La France est passée de 981 mégawatts (MW) installés en 2006 à 3 260 MW en 2008. Et s’est engagée sur un objectif de 13 500 MW pour 2010 : parcs et projets de zones de développement éolien (ZDE) [^2] prolifèrent dans les

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Écologie
Temps de lecture : 7 minutes

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