Deux petites choses sur le PSE

Michel Soudais  • 2 décembre 2008
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Les socialistes européens ont adopté hier à Madrid leur Manifeste pour les élections européennes de juin 2009, lors d’un Conseil du PSE. L’intitulé de ce document figure sur le fond de scène de cette réunion. Pour les non initiés à la langue de Shakespeare ou les rétifs à la langue du colonisateurs (c’est selon) en voici la traduction officielle: « Les citoyens d’abord: Une nouvelle direction pour l’Europe. »

Avez-vous remarqué un détail? N’y a-t-il pas une couleur qui vous étonne?

Eh oui, jusqu’ici le PSE s’affichait en blanc sur rouge. Encore une vieillerie à la trappe! A Madrid le PSE se pare d’orange, la couleur du MoDem et plus généralement des partis démocrates. Un détail, en apparence anodin, mais en apparence seulement. Car le PSE, Parti des socialistes européens (ou PES pour Party of European Socialists) qui regroupaient jusqu’ici des partis socialistes et sociaux-démocrates s’est ouvert depuis peu aux «démocrates progressistes». Quand? Tout simplement depuis la mutation du Parti des démocrates sociaux italiens (ex-communistes) en Parti Démocrate sous la houlette de Walter Veltroni. Le brillant fossoyeur de la gauche italienne était, lundi, à Madrid comme chez lui. Ne manquaient que ses amis Ségolène Royal et… François Bayrou.

Des «militants de base» un peu particulier
On a tort de dédaigner les communiqués officiels. Derrière la communication (mot moderne pour dire propagande) de ces textes destinés aux journalistes pressés, s’y cache souvent quelques renseignements précieux qu’une lecture trop rapide fait négliger. C’est le cas du communiqué publié par le PSE à l’occasion de l’adoption de son Manifeste sur lequel je reviendrai dans Politis , jeudi. J’en extrais ce passage particulièrement savoureux:

«Le manifeste du PSE a été adopté à Madrid par plus de 232 délégués représentant 33 partis membres du PSE et plus de 300 militants de la base venant de toute l’Europe, parmi lesquels Jose Luis Zapatero, Franz Müntefering, Martine Aubry, José Socrates, Ferenc Gyurcsany, Alfred Gusenbauer, Sergei Stanishev, Borut Pahor, Gediminas Kirkilas, Jean Asselborn, Carolin Flint, George Papandreou, [Mona Sahlin](Mona Sahlin), Elio Di Rupo, Caroline Gennez, Helle Thorning Schmidt, Jutta Urpilainen, Eamon Gilmore, Grzegorz Napieralski, Janis Dinevics, Riccardo Nancini, Yiannakis Omirou, Joseph Muscat, Piero Fassino, Margot Wallstrom, Martin Schulz et Mercedes Bresso

C’est fou ce que le PSE compte de sommités parmi ses «militants de base»: le Premier ministre espagnol, le Président du SPD, la Première secrétaire du PS, le Premier ministre portugais, le Premier ministre hongrois… j’abrège la liste, elle serait répétitive. Un vrai bottin mondain! Si vous vous faites une autre idée des «militants de la base», c’est que justement vous ne connaissez rien au PSE. Car ce parti est avant tout un club de leaders de parti. C’est dans ce petit cercle, parfois très très petit, que se prennent des décisions importantes présentées ensuite comme une décision «des» socialistes européens. En toute mauvaise foi…

Temps de lecture : 3 minutes
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