« La gratuité, c’est difficile ! »
Philosophe, conseiller à la Cour des comptes, Patrick Viveret[^2] travaille depuis longtemps sur les questions relatives au secteur non-marchand et à la gratuité.
[^2]: Auteur de Reconsidérer la richesse, nouvelle édition augmentée, Éditions de l’Aube, 2008, 258 p., 10 euros.
dans l’hebdo N° 1032-1033 Acheter ce numéro
La gratuité n’est-elle pas un mythe dans notre système actuel d’économie de marché, où la marchandisation semble sans cesse gagner du terrain ? Patrick Viveret : En effet, mais je voudrais d’abord préciser les termes : le système dans lequel nous vivons depuis près de vingt-cinq ans n’est pas à proprement parler de l’économie de marché, mais plutôt ce que Karl Polanyi avait désigné comme une « société de marché » (ou, selon les mots de Joseph Stiglitz, un « fondamentalisme marchand » ). C’est-à-dire qu’aujourd’hui la logique de marchandisation envahit l’ensemble de la sphère économique, aussi bien l’économie publique que l’économie « de la réciprocité » , pour s’étendre à des liens d’un autre ordre : politiques (ce qui s’appelle alors de la corruption), voire affectifs (ce qui donne par exemple la
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Déconstruire le duel des « deux France »
« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »