Le poison sécuritaire
Plusieurs affaires récentes ont donné lieu à des dérives policières, dans un climat de fichage généralisé et de soupçon envers les citoyens. La justice est sous pression, et l’opinion, comme tétanisée, peine à se mobiliser. Un dossier à lire dans notre rubrique **Société** .
dans l’hebdo N° 1030 Acheter ce numéro

« Je suis totalement hostile à la prison pour les mineurs de 12 ans » , a déclaré le Premier ministre François Fillon le 5 décembre, désavouant ainsi sa ministre de la Justice, Rachida Dati, et les recommandations de la commission Varinard mandatée par celle-ci. Faut-il y voir une première entaille à la surenchère sécuritaire qui frappe le pays depuis 2001 ? « Le primat idéologique de la droite est terminé, assure Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’Homme, convaincu que « la solidarité fait partie des valeurs montantes de notre société ».
Guez/AFP
Témoins : des poches de résistances telles que le Réseau éducation sans frontières ou le mouvement des travailleurs sans papiers, ou les vagues d’indignations soulevées par une série d’événements récents : l’affaire Vittorio de Filippis, ancien directeur de Libération brutalement interpellé chez lui ; l’affaire du Gers, où des gendarmes ont profité d’une conférence sur les drogues pour fouiller les élèves dans les classes ; et celle des sabotages de la SNCF, où les suspects ont été placés en garde à vue pour « terrorisme ». Dans les trois cas, la procédure n’a pas été respectée. «
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